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Par João Vissesse

Bissau, 18 août, 2026 / 11:45 (ACI Africa).

La fille d’un imam bissau-guinéen a fait sa première profession comme religieuse catholique, décrivant cette étape comme une réponse à l’appel de Dieu et un moment de « joie, d’émotion et de profonde gratitude ».

Aicha Settimia Canté, 27 ans, a fait sa profession temporaire le 15 août, en la solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, au sein de la Congrégation des Sœurs de l’Esprit Divin (CDS).

La célébration a eu lieu dans le diocèse catholique de Bissau et était présidée par l’Évêque émérite de Bissau, Mgr José Câmnate Na Bissign.

« Avant tout, je veux rendre grâce à Dieu de m’avoir appelée, choisie et soutenue jusqu’à ce moment », a déclaré Sœur Aicha dans son discours d’action de grâce, ajoutant que son cœur « déborde de joie, d’émotion et de profonde gratitude ».

La vocation religieuse de Sœur Aicha revêt une signification particulière puisqu’elle est issue d’une famille musulmane. Elle est la fille d’un imam et est originaire de Safim. Elle a été baptisée à la paroisse Notre-Dame de Grâce de Farim, dans le diocèse de Bissau, et a reçu la Confirmation à la paroisse Sainte-Anne de Mansoa avant d’entreprendre son chemin de vie consacrée.

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Sa profession met en lumière la coexistence de différentes traditions religieuses en Guinée-Bissau.

Ma vocation s’est renforcée

Dans son intervention lors de la célébration eucharistique du 15 août, Sœur Aicha a remercié Mgr Na Bissign d’avoir présidé la célébration.

« Merci beaucoup d’avoir accepté de présider cette célébration, qui est si significative pour moi. Votre présence a rendu cette journée encore plus belle et pleine de sens », a-t-elle déclaré.

Elle a également exprimé sa gratitude à la Supérieure et aux Sœurs de sa congrégation religieuse pour leur accompagnement tout au long de sa formation.

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La fille d’un imam en Guinée-Bissau fait sa première profession comme religieuse catholique

« Chacune de vous a contribué à ma formation et au renforcement de ma vocation », a-t-elle déclaré.

Sœur Aicha a également remercié les formatrices et formateurs qui l’ont accompagnée au cours de sa formation, notamment pendant ses études de français, son postulat et son noviciat, affirmant que leurs enseignements, conseils et gestes d’amour l’avaient aidée à grandir comme femme chrétienne et religieuse.

Elle a en outre remercié ceux qui l’ont accompagnée spirituellement et l’ont aidée à discerner sa vocation.

« La vocation est une mission divine »

Dans son homélie, Mgr Na Bissign a exhorté la jeune religieuse à accueillir sa vocation comme une mission de foi et de dévouement à Dieu.

Il a souligné que répondre à l’appel de Dieu exige détermination, générosité et disponibilité au service, faisant remarquer que Dieu continue d’appeler des hommes et des femmes à participer à son projet pour l’humanité malgré les défis auxquels les jeunes sont confrontés aujourd’hui.

Selon l’Évêque, une vocation ne doit pas être comprise simplement comme un choix individuel détaché de la mission, mais comme une réponse au projet de Dieu.

« C’est une mission divine », a-t-il déclaré, soulignant la responsabilité de ceux qui se mettent au service de Dieu et de l’humanité.

Mgr Na Bissign a également décrit la foi comme essentielle pour traverser la vie et surmonter ses difficultés.

« Ceux qui n’ont pas foi en Dieu se retrouvent complètement désorientés », a-t-il déclaré, exhortant ceux qui répondent à l’appel de Dieu à maintenir leur relation avec Lui au centre de leur vie.

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Il a également souligné l’importance de la prière et de l’action de grâce comme éléments essentiels du chemin chrétien et appelé à entretenir une relation permanente avec Dieu au milieu des défis personnels et sociaux.

« Au cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’amour »

La profession temporaire a été célébrée sous la devise attribuée à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus : « Au cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’amour. »

Mgr Na Bissign a présenté la Vierge Marie comme modèle de réponse à l’appel de Dieu.

« Marie est la réponse complète à Dieu », a-t-il déclaré, ajoutant qu’elle représente « l’arche de la nouvelle alliance » en raison de sa disponibilité à accueillir et à accomplir la volonté de Dieu.

L’Évêque catholique a également souligné le rôle de l’Esprit Saint dans la mission de l’Église, décrivant l’Esprit comme « le principal compagnon de l’Église ».

Attaques sur les réseaux sociaux

La profession religieuse de Sœur Aicha a également suscité des commentaires offensants, des attaques personnelles et des discours de haine sur les réseaux sociaux, notamment en raison de l’identité de son père en tant qu’imam et de sa décision d’embrasser la vie religieuse catholique.

Cette situation a conduit la Confédération nationale de la jeunesse islamique de Guinée-Bissau à condamner les attaques et à défendre la liberté de conscience et de religion.

L’organisation s’est déclarée « profondément préoccupée par la vague de commentaires offensants, d’attaques personnelles et de discours de haine » diffusés sur les réseaux sociaux après l’annonce du choix religieux de Sœur Aicha.

L’organisation de jeunesse islamique a rappelé l’enseignement coranique selon lequel « il n’y a pas de contrainte en religion » et appelé à ce que la foi islamique s’exprime à travers la paix, la miséricorde, la justice, la tolérance, la sagesse et le respect de la dignité humaine plutôt que par les insultes, l’humiliation, les menaces ou la persécution.

« Respecter le choix de quelqu’un ne signifie pas nécessairement être d’accord avec lui », a déclaré l’organisation, soulignant que les désaccords concernant les choix religieux ne justifient pas les attaques contre la dignité d’une autre personne.

Le groupe a également averti que la liberté d’expression ne devait pas être confondue avec la liberté de diffamer, d’insulter, d’inciter à la haine ou de provoquer un conflit religieux.

Il a appelé à une Guinée-Bissau où musulmans, chrétiens et personnes d’autres convictions puissent vivre « dans le respect, la fraternité et la dignité », décrivant cet épisode comme une occasion de réflexion et de dialogue plutôt que de nouvelles divisions.

Père Paul DAH