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Réunis à Bonoua, dans le diocèse de Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, du 31 août au 6 septembre, les membres de l’Association panafricaine des exégètes catholiques (APECA) ont ouvert leur 22e congrès biennal. Consacrée à la Bible et à la dignité humaine, la rencontre entend réfléchir aux réalités de la violence, de l’esclavage et de la traite des êtres humains, et dégager des pistes d’action pour la libération du continent africain.

Marcel Ariston BLÉ – Abidjan, Côte d’Ivoire

Le congrès s’est ouvert le lundi 31 août au Centre Jean-Paul Ier de Kodjoboué, à Bonoua, par une messe présidée par le cardinal Ignace Dogbo Bessi, archevêque métropolitain d’Abidjan, en présence de plusieurs évêques et de nombreux exégètes et biblistes africains.

Dans son homélie, le cardinal Ignace Dogbo Bessi a exhorté les congressistes à mettre leur expertise au service de la libération véritable de l’Afrique. S’appuyant sur les textes bibliques proposés pour la célébration, l’archevêque d’Abidjan les a notamment invités à ne pas circonscrire leur réflexion aux seules formes historiques et contemporaines de l’esclavage.

“L’aujourd’hui de l’accomplissement est donc l’aujourd’hui de la libération du vrai esclavage, l’esclavage du péché. Si cela n’est pas bien clair, l’on risque de passer loin du vrai combat.”

Poursuivant son homélie, le cardinal Dogbo Bessi a également dénoncé ce qu’il présente comme «un néocolonialisme, un néo-esclavage à peine voilé, organisé de l’extérieur comme de l’intérieur». Il a ainsi formulé le vœu que «l’aujourd’hui de l’accomplissement» soit également celui d’une libération politique et économique de l’Afrique, une libération qu’il souhaite «palpable, visible et concrète».

La dignité humaine au cœur des réflexions

La célébration eucharistique a été suivie de la cérémonie officielle d’ouverture du congrès, ponctuée par plusieurs allocutions. Prenant la parole en premier, Mgr Raymond Ahoua, évêque de Grand-Bassam et ancien président de l’APECA, a souhaité la bienvenue aux congressistes. Il a posé les fondements d’une réflexion approfondie sur les questions relatives à la dignité humaine, à la violence, à l’esclavage et à la traite des êtres humains.

«Les réflexions de ce congrès éclaireront, j’en suis convaincu, les esprits des hommes sur l’épaisseur morale, spirituelle et théologique de ces pratiques inhumaines et nocives à la volonté de Dieu», a-t-il souligné. L’évêque de Grand-Bassam a, par ailleurs, invité les exégètes et biblistes à inscrire leurs travaux dans une dynamique de dialogue avec les réalités du continent africain, encore confronté à diverses formes de violences et d’atteintes aux droits fondamentaux de la personne humaine.

Cette problématique, au-delà de la charge douloureuse qu’elle porte, constitue désormais «un combat qui traverse l’histoire et auquel aucune génération d’Africains ne peut se soustraire», a estimé Mgr Jacques Assanvo Ahiwa, archevêque de Bouaké et président de l’APECA. Selon lui, «l’Afrique a souffert et continue de souffrir du déni de la dignité de ses enfants».

Les membres de l’Association panafricaine des exégètes catholiques (APECA)

Les membres de l’Association panafricaine des exégètes catholiques (APECA)

L’exégèse au service de la libération

Tout en saluant les condamnations formulées au fil des années contre les différentes formes d’atteinte à la dignité humaine, et notamment les prises de position récentes du Pape Léon XIV, le président de l’APECA estime que ces évolutions confèrent une pertinence et une actualité accrues au thème du congrès, choisi depuis deux ans.

«Les différentes études qui vont être présentées à ce congrès, avec un enracinement biblique, vont réfléchir à la question en vue de propositions et d’actions concrètes pour la pleine dignité humaine des Africains», a-t-il expliqué. Au terme de son intervention, Mgr Jacques Assanvo Ahiwa a formulé le souhait que cette 22e édition permette à l’APECA de renforcer ses capacités de réflexion et de production intellectuelle afin de mieux accompagner «l’Église d’Afrique et l’Afrique tout entière dans sa marche pour son développement humain intégral, au service de la promotion de la dignité humaine».

Vingt-six interventions au programme

Au cours de cette rencontre scientifique, les participants examineront au total 26 interventions, dont 15 consacrées à l’Ancien Testament et 11 au Nouveau Testament. Ces travaux permettront de mettre en dialogue l’analyse exégétique des textes bibliques avec les réalités contemporaines liées à la violence, à l’esclavage et à la traite des êtres humains. L’ambition est de dépasser une lecture exclusivement académique des Écritures afin de faire émerger des pistes de réflexion et d’action susceptibles de répondre aux défis auxquels le continent africain demeure confronté.

La rencontre s’achèvera le 6 septembre 2026 au Centre Jean-Paul Ier de Kodjoboué par une messe d’action de grâce. Les participants devraient, à cette occasion, présenter les principaux fruits de leurs réflexions ainsi que les pistes d’action issues de cette rencontre panafricaine consacrée à la dignité humaine et à la libération de l’être humain.

Père Paul DAH