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Par Abah Anthony John

Abuja, 14 juillet, 2026 / 4:48 (ACI Africa).

L’Évêque du diocèse catholique de Makurdi, au Nigeria, a appelé les catholiques exerçant des fonctions publiques à considérer le leadership comme une vocation à la sainteté, les exhortant à laisser leur foi orienter leurs décisions et à témoigner de l’Évangile par l’intégrité, la justice et le service du bien commun.

S’adressant à ACI Afrique en marge d’un atelier destiné aux aumôniers et aux conseillères des congrégations religieuses, organisé par le Secrétariat catholique du Nigeria (CSN), Mgr Wilfred Chikpa Anagbe a déclaré que les professionnels catholiques et les responsables de la fonction publique ont une responsabilité particulière dans la transformation de la société en vivant leur vocation chrétienne sur leur lieu de travail.

« Les avocats doivent défendre la justice. Les juges doivent protéger la dignité de toute personne humaine. Les législateurs doivent adopter des lois qui protègent la vie et le bien commun. Les journalistes doivent promouvoir la vérité. Les chefs d’entreprise doivent faire preuve d’intégrité et d’équité », a déclaré l’Évêque nigérian lors de son entretien du 13 juillet.

Le membre nigérian des Missionnaires Clarétains (Fils Missionnaires du Cœur Immaculé de Marie – CMF) a souligné que les lieux de travail sont des champs de mission où les catholiques sont appelés à évangéliser avant tout par leur comportement professionnel plutôt que par leurs paroles.

Il a mis les fidèles en garde contre le soutien accordé à des hommes politiques simplement parce qu’ils se disent catholiques, insistant sur le fait qu’un authentique témoignage chrétien se mesure à la fidélité aux valeurs de l’Évangile.

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« L’Église devrait soutenir des personnes dont la vie reflète constamment les valeurs catholiques, et non de simples individus qui ne se souviennent de l’Église qu’au moment des élections. Nous avons besoin de catholiques qui sont candidats, et non de candidats qui deviennent soudainement catholiques à l’approche des élections », a-t-il déclaré.

Prenant saint Thomas More comme modèle de leadership chrétien, Mgr Anagbe a affirmé que l’exercice d’une fonction publique exige une véritable intégrité morale.

« Les responsables publics ne doivent jamais séparer la morale de l’exercice du pouvoir. Les lois doivent refléter la justice, et la justice doit être enracinée dans la vérité morale », a-t-il déclaré.

Évoquant la mission des laïcs, Mgr Anagbe a présenté les fidèles laïcs comme la plus grande force missionnaire de l’Église, soulignant qu’ils représentent entre 90 et 95 % de la population catholique.

« Les laïcs constituent entre 90 et 95 % de l’Église. Ils représentent l’écrasante majorité du peuple de Dieu et se trouvent précisément là où se situe le véritable champ de mission : dans les familles, les lieux de travail, les écoles, les entreprises, la politique, les médias et tous les secteurs de la société », a-t-il déclaré.

Il a expliqué que tout catholique baptisé qui n’a pas reçu le sacrement de l’Ordre ni embrassé la vie consacrée participe à la mission du Christ par son baptême.

Selon l’Ordinaire du diocèse de Makurdi, l’évangélisation ne peut se limiter aux activités paroissiales, car les laïcs sont présents dans des lieux où les ministres ordonnés ne peuvent souvent pas accéder.

« Il existe de nombreuses situations où seuls les laïcs peuvent rejoindre certaines personnes avec l’Évangile. Un prêtre ne peut pas être partout, mais les hommes et les femmes laïcs sont présents dans les bureaux, les marchés, les hôpitaux, les universités, les institutions gouvernementales et d’innombrables autres lieux », a-t-il expliqué.

Alors que les évêques, les prêtres et les diacres exercent leur ministère à travers le sacrement de l’Ordre, les fidèles laïcs, a-t-il poursuivi, ont une vocation spécifique consistant à sanctifier l’ordre temporel.

« Le clergé est appelé à sanctifier, enseigner et gouverner dans l’Église à travers le ministère ordonné. Les laïcs, quant à eux, possèdent ce que l’Église appelle un caractère séculier. Leur mission principale est de sanctifier l’ordre temporel en apportant les valeurs de l’Évangile au cœur de la société », a déclaré Mgr Anagbe.

Évoquant les élections générales prévues au Nigeria en 2027, l’Évêque catholique a encouragé les fidèles laïcs à participer activement à la vie publique, estimant que la politique influence directement tous les aspects de l’existence humaine.

« La politique touche tous les aspects de la vie humaine. Les décisions prises par les dirigeants politiques influencent la justice, la sécurité, l’éducation, les soins de santé, l’économie et la liberté religieuse. Ce ne sont pas des questions que les catholiques peuvent ignorer », a-t-il déclaré.

Mgr Anagbe a fait observer que de nombreux catholiques occupent déjà des fonctions de législateurs, de magistrats, de commissaires, de fonctionnaires et de professionnels, ce qui leur offre d’importantes possibilités de contribuer au développement national.

« S’il y a environ trente-cinq millions de catholiques au Nigeria et seulement un nombre relativement restreint de prêtres, comment pouvons-nous attendre du seul clergé qu’il transforme la nation ? Cette responsabilité incombe avant tout aux fidèles laïcs », a-t-il déclaré.

Malgré l’importance numérique de l’Église au Nigeria, Mgr Anagbe s’est inquiété de voir le tribalisme, les rivalités confessionnelles et les intérêts personnels continuer d’affaiblir son influence dans la société.

« Le problème n’est pas le nombre. Le problème est notre manque d’unité. Nous sommes trop souvent divisés par l’appartenance tribale, les dénominations, les intérêts personnels et les calculs politiques. En conséquence, nous ne parvenons pas à mettre notre force collective au service du bien de la société », a-t-il déclaré.

Il a également mis en garde contre le risque de laisser l’identité ethnique prendre le pas sur le caractère universel de l’Église.

« Nous permettons également à l’identité tribale de dominer la vie de l’Église. Il arrive que certains parlent de “notre diocèse” ou de “notre paroisse” d’une manière qui exclut les autres. L’Église est universelle. Elle appartient au Christ et non à une tribu ou à un groupe ethnique », a-t-il déclaré.

Mgr Anagbe a exhorté les fidèles laïcs catholiques à accueillir avec un engagement renouvelé leur vocation baptismale, affirmant que l’avenir de l’Église comme celui du Nigeria dépend largement de leur volonté de faire rayonner les valeurs de l’Évangile dans tous les domaines de la société.

« L’avenir de l’Église comme celui du Nigeria dépend dans une large mesure de l’engagement des hommes et des femmes laïcs catholiques », a-t-il déclaré.

Il a ajouté : « Si les catholiques s’unissent autour de la vérité, de la justice, de la compétence et du bien commun, ils pourront contribuer de manière considérable à bâtir un Nigeria meilleur. Le défi qui se présente à nous n’est pas de savoir si nous en avons la capacité. Nous l’avons assurément. La véritable question est de savoir si nous sommes prêts à assumer notre responsabilité et à agir ensemble pour le bien de la nation

Père Paul DAH