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À l’occasion du 800ᵉ anniversaire de la mort de François d’Assise, ses restes sont exposés au public dans la basilique d’Assise du 22 février au 22 mars 2026. Pour le frère franciscain Mario Cisotto, «cette ostension attire des pèlerins du monde entier et devient un moment spirituel intense où beaucoup redécouvrent la force vivante de l’Évangile».

Moriba Camara, S.J. – Cité du Vatican

Depuis l’ouverture de l’ostension, les pèlerins se succèdent en silence dans la basilique d’Assise, sur la colline de Saint-François. Pour le frère Mario Cisotto, cette affluence révèle une quête intérieure profonde. «Quand on voit les longues files silencieuses qui se forment devant les reliques de François, on comprend que quelque chose de profond est en train de se passer dans le cœur des pèlerins», explique-t-il.

Pour lui, les fidèles ne viennent pas seulement contempler un témoignage du passé. «Les pèlerins ne viennent pas seulement voir des restes humains. Pour nous, ce sont des reliques de résurrection. Elles nous rappellent qu’une vie traversée par l’Évangile continue huit siècles plus tard.» Ainsi, l’ostension devient un moment de rencontre intérieure: «Devant la dépouille de François, beaucoup font l’expérience que sa vie n’est pas seulement un souvenir de l’histoire, une idée ou une fresque de Giotto, mais une question adressée à leur propre vie

Un message toujours actuel

Cette ostension s’inscrit dans les célébrations du huitième centenaire de la mort du saint d’Assise. Selon le père franciscain, l’actualité du message de François tient à sa simplicité évangélique. «François a compris quelque chose de très simple: l’amour véritable ne consiste pas à cumuler, mais à se donner», affirme-t-il, comparant cette logique évangélique au «grain de blé qui doit tomber en terre pour porter du fruit». Dans un monde marqué par la compétition et la peur, ce témoignage rappelle que «la véritable fécondité naît du don de soi, une fécondité que tu ne sais pas quand elle portera des fruits ou comment, mais sûrement, c’est une fécondité qui porte des fruits.».

Reliques de saint François d'Assise

Reliques de saint François d’Assise

Le silence des pèlerins, signe d’un chemin intérieur

Ce qui marque le plus le frère Mario Cisotto n’est pas l’affluence des pèlerins mais l’atmosphère spirituelle qui se dégage de la basilique du pauvre d’Assise. «Il y a beaucoup de monde, bien sûr, mais ce qui m’impressionne le plus, ce n’est pas la foule, c’est la qualité du silence», confie-t-il. Les pèlerins arrivent avec leurs blessures et leurs questions, et peu à peu «quelque chose se déplace intérieurement». Pour les frères franciscains, il s’agit surtout d’accompagner ce chemin spirituel: «Un mystère ne s’explique pas. Il se vit

La découverte d’un Dieu proche

Pour le religieux, l’intuition spirituelle de saint François reste profondément actuelle. Le saint d’Assise, le chevalier déserteur, a compris que la foi n’est pas seulement une idée ou une morale, mais «une relation vivante avec Dieu». «François a découvert que Dieu a montré son visage, et ce visage, c’est Jésus», explique le franciscain. Ainsi, Dieu n’est pas une puissance lointaine mais «un père, un “Abba”, un Père plein de tendresse, dont la vraie puissance est celle de l’amour». Cette découverte transforme la relation aux autres: «Quand on découvre que Dieu est Père, les autres ne sont plus des étrangers, ils deviennent des frères; c’est la fraternité universelle.»

Une vie évangélique qui continue d’inspirer

Huit siècles après sa mort, la figure de François continue de toucher croyants et non-croyants. Selon le frère Mario Cisotto, la raison en est simple: «Il n’a pas seulement parlé de l’Évangile, il l’a vécu.» Devant les reliques du saint, beaucoup découvrent que François «n’est pas une idée ou une fresque de Giotto», ni seulement «un ami des animaux», mais «une vie que l’Évangile a rendue possible». Cette authenticité suscite chez de nombreux pèlerins «le désir d’une vie plus simple, plus fraternelle, plus vraie».

Des rencontres qui marquent les cœurs

Le franciscain évoque également des expériences marquantes vécues lors du parcours vers les reliques. Il raconte notamment la réaction d’un jeune pèlerin qui, arrivé devant l’urne, s’est mis à pleurer et s’est agenouillé. Plus tard, celui-ci lui confia: «J’ai eu l’impression que François était mon frère, que nous nous connaissions depuis toujours.» Pour le religieux, ces moments témoignent que la vie de François continue d’agir aujourd’hui. «On sent qu’il y a quelqu’un qui a vraiment vécu l’Évangile… et nous en sommes témoins».

Reliques de saint François d'Assise

Reliques de saint François d’Assise

Père Paul DAH