La direction de la Fraternité Saint-Pie X (FSPX) au Kenya a défendu son identité et son ministère à la suite d’une directive pastorale de Mgr Philip Subira Anyolo, archevêque de l’archidiocèse catholique de Nairobi, mettant en garde le peuple de Dieu dont il a la charge contre toute participation aux activités de la Fraternité.
Dans un communiqué daté du samedi 11 juillet, le prieur de la Fraternité au Kenya, le père Pierre Champroux, insiste sur le fait que la FSSPX reste catholique et rejette un décret du Vatican publié le 2 juillet qui qualifiait ce groupe traditionaliste de schismatique.
Dans cette déclaration de deux pages, le prieur de l’église catholique et du prieuré de la Sainte-Croix à Nairobi cherche à rassurer les membres de la Fraternité, implantée à Lavington et décrite comme « une Église catholique de rite latin relevant de la Fraternité Saint-Pie X », à la suite de la lettre pastorale de Mgr Anyolo du 9 juillet, qui exhortait les catholiques à rester en pleine communion avec le pape Léon XIV et l’Église catholique.
Le père Pierre Champroux, prieur au Kenya. Crédit : Fraternité Saint-Pie X (FSPX) au Kenya
« Nous nous adressons à vous avec tristesse, mais aussi avec une confiance sereine en la Providence de Dieu. Nous souhaitons vous rassurer avec clarté et charité », a écrit le père Champroux.
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Rappelant les origines de la Fraternité, fondée par l’archevêque Marcel Lefebvre en 1970, la direction de la FSPX au Kenya la décrit comme « une société sacerdotale catholique fondée… . pour la préservation et la transmission de la foi traditionnelle, du sacerdoce catholique et du rite romain immémorial de la Sainte Messe. »
« Notre seule mission est de servir les âmes en leur offrant une doctrine saine et tous les sacrements reçus de Notre Seigneur Jésus-Christ, transmis par les apôtres, et qui ont sanctifié les saints tout au long de l’histoire de l’Église », déclare-t-il dans le communiqué.
Le prieur ajoute : « Nous ne sommes pas une Église parallèle. Nous restons pleinement catholiques et attachés au Siège de Pierre et à son successeur, le pape Léon XIV. »
Dans ce communiqué, le père Champroux répond ensuite à la directive de Mgr Anyolo, qui faisait suite au décret du Vatican du 2 juillet, publié après la consécration épiscopale illicite de quatre évêques en Suisse, le 1er juillet, sans l’approbation papale.
Dans sa lettre pastorale, l’archevêque de Nairobi a déclaré que le Saint-Siège avait estimé que ces consécrations constituaient « un acte de nature schismatique » et a averti que « les ministres sacrés appartenant à la Fraternité Saint-Pie X sont en schisme et sont passibles de l’excommunication prévue par la loi ».

Mgr Anyolo a également enjoint aux catholiques placés sous sa charge pastorale « de rester fermement en communion avec le Saint-Père, le pape Léon XIV, avec les évêques en communion avec lui, et avec l’Église une, sainte, catholique et apostolique », les exhortant à « ne pas adhérer à la FSPX, ne pas promouvoir ses activités, ni participer à ses célébrations et à ses œuvres apostoliques ».
Répondant directement à ces préoccupations, la direction de la FSSPX au Kenya rejette l’évaluation du Vatican.
« Concernant le récent décret du Saint-Siège et l’excommunication mentionnée dans la lettre pastorale : nous soutenons, comme la Fraternité l’a toujours affirmé, que ces sanctions sont objectivement injustes et invalides », écrit le père Champroux dans sa déclaration de deux pages.
Il ajoute : « Nous n’acceptons pas l’étiquette de schisme. Nous n’avons aucun esprit d’amertume ni de rébellion. »
Le père Champroux fait valoir que les consécrations épiscopales du 1er juillet « ont été accomplies par un devoir impérieux pour la pérennité du sacerdoce traditionnel au milieu de la crise actuelle », affirmant que la Fraternité « ne s’est pas séparée de l’Église catholique romaine ».
« Nous prions quotidiennement pour le Saint-Père, le pape Léon XIV, et pour Son Excellence l’archevêque Philip Anyolo pendant le Canon de la messe », déclare le prieur de la Fraternité Saint-Pie X au Kenya, basé à Nairobi.
Invoquant le canon 1323 du Code de droit canonique, le père Champroux soutient en outre que les consécrations épiscopales ont été accomplies « dans un véritable état de nécessité » et n’entraînaient donc pas de sanctions canoniques.
Selon lui, « la présence à la messe traditionnelle en latin à Holy Cross, ou la participation pour des raisons spirituelles ou liturgiques, n’entraîne pas de sanction canonique ».
Le père Champroux réaffirme également la critique de longue date de la Fraternité à l’égard de certains aspects du Concile Vatican II, déclarant qu’elle reste « profondément préoccupée par certains éléments du Concile Vatican II qui contredisent l’enseignement pérenne de l’Église catholique, par le manque de révérence dans de nombreuses célébrations liturgiques modernes, et par l’abandon généralisé des vénérables traditions de l’Église chères à tous les saints ».
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S’adressant aux membres du prieuré Holy Cross de Nairobi, le père Champroux les encourage à continuer de participer à la vie liturgique et sacramentelle de la Fraternité.

« Vous pouvez continuer à assister à la messe traditionnelle en latin, à recevoir les sacrements et à participer à notre apostolat en toute bonne conscience », écrit-il, exhortant les fidèles à ne pas s’inquiéter mais à grandir « dans la confiance en la Providence divine, dans la prière et dans la fidélité à la Tradition ».
Son communiqué se termine par un appel à la prière « pour le rétablissement de la Tradition catholique au sein de l’Église », tout en exprimant son respect envers l’archevêque de Nairobi.
« Dans un esprit de respect et de dévotion filiaux, nous exprimons notre affection sincère à Son Excellence Mgr Philip Anyolo, archevêque métropolitain de Nairobi », écrit le père Champroux, ajoutant : « Nous l’assurons de nos prières et restons respectueusement à sa disposition pour discuter de ces graves questions pour le bien des âmes et l’unité de l’Église. Nous, ses enfants, lui demandons humblement sa bienveillante considération et sa bénédiction. »
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