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Lors de la messe d’ouverture de la 129è Assemblée plénière de la CECCI, Mgr Marcellin Yao Kouadio a axé son homélie sur l’unité, le renouveau de l’évangélisation et l’engagement missionnaire. Il a insisté sur la vigilance de l’Église face aux enjeux socio-politiques ivoiriens et rappelé que les nominations ecclésiales se vivent dans un esprit de service.

Distingués, autorités, chefs, frères et sœurs. Ce soir, c’est l’Eucharistie inaugurale. Des travaux de la 129e Assemblée plénière de la Conférence des évêques catholiques du Côte d’Ivoire qui nous réunit en cette église paroissiale d’Abobo, dédiée à Saint François-Xavier. Monsieur le Curé et chers paroissiens, les évêques par ma voix, saluent votre présence et vous disent merci pour votre accueil chaleureux, nonobstant la pluie. Nous offrons cette messe à vos intentions et pour la paix en Côte d’Ivoire, sans oublier l’Afrique et le monde, car Dieu aime tous ces enfants. Son fils, Jésus, notre espérance est au milieu de nous. Donc accueillons le en laissant parler les textes bibliques, Parole de vie, parole de vérité. Déjà dans la première lecture, il est question des exigences de la vie nouvelle en Jésus. Oui, les croyants sont appelés à être sobres et à imiter la Sainteté de Dieu. C’est bien ce que nous lisons. De même que celui qui vous a appelés est Saint, vous aussi devenez saints dans toute votre conduite, parce qu’il est écrit : Soyez saints, car moi je suis Saint. En effet, la perfection des disciples doit correspondre à celle de Dieu, Dieu dont la générosité s’étant sur les bons et sur les méchants. Oui, l’homme est appelé depuis toujours à imiter la Sainteté de Dieu confère le livre de lévitique au chapitre 19, le verset 15. Dans l’Évangile, en Marc 10, chapitre 28 à 31, il est question de la récompense réservée aux disciples du Christ, eux qui ont tout laissé pour le suivre. En effet, en termes de rétribution, Jésus promet que cela se fera en deux temps : dans un premier temps, et ce déjà en ce monde, les disciples auront le centuple, en maison, en près sœur, mères, enfants et terres, avec des persécutions. Oui, suivre Jésus expose à la persécution comme le maître lui-même. À ce sujet, la vie des martyrs d’hier et d’aujourd’hui, en dit long. En fait, tout vrai messager de Dieu est un homme dont la vie est menacée. Vous comprenez pourquoi Jésus a pris la peine de prévenir ses disciples en leur disant : Dans le monde, vous aurez à souffrir, mais courage, j’ai vaincu le monde. Jean 16, verset 33. La croix est l’identité des chrétiens. Quant à la rétribution des disciples dans le monde futur ou au ciel, ils auront la vie éternelle que Jésus définit de la sorte : Or la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé Jésus-Christ, Jean 17, verset 3. Ici la vraie connaissance ou culture, est celle qui ouvre l’homme au seul vrai Dieu, et à Jésus son envoyé. Et comme tel, il n’y a que l’Esprit de connaissance qui peut nous faire la grâce d’y accéder. Par ailleurs, une telle connaissance se mue en charité :  Aimer Dieu et aimer le prochain. La parole de Dieu nous appelle à la sobriété et à la Sainteté en vue de la vie éternelle. Oui, être sobre et être saint ou espérer avoir la vie éternelle en Jésus. La question de la vie éternelle mérite l’attention de toutes les générations. À ce sujet, un homme a eu déjà le mérite d’interroger Jésus en cette termes : Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? Et comme réponse, Jésus, en plus des commandements, à observer fidèlement, l’a invité à être son disciple, mais après avoir donné l’argent de ses biens vendus aux pauvres ; oui, après s’être dépouillé de tout. Malheureusement, il s’en est allé tout triste car il avait de grands biens. C’est toute la question du danger des richesses. Oui, Dieu est l’argent. La sentence de Jésus à la fin de l’Évangile, sous forme d’avertissement et de promesses nous interpelle tous, à savoir : Beaucoup de premiers seront derniers et beaucoup de derniers seront premiers. Marc 10, 31. À quel niveau de sobriété et de Sainteté sommes-nous dans une Côte d’Ivoire gouvernée par le matériel et l’argent ? Dans un esprit de détachement et de mortification, comment accéder à la vie éternelle ? L’Église, rappelons-le, existe pour évangéliser dans le but du salut intégral, le salut qui est à la fois matériel et spirituel. Oui, le salut de l’homme en Jésus-Christ. Et qui dit salut dit vie éternelle, tout comme qui dit vie éternelle, dit vie de Sainteté par la conversion. L’Église doit donc proclamer la bonne nouvelle du Christ en vue du salut de tous, dès ici-bas et dans le monde futur. Dans ce contexte, comment travailler au salut de l’Afrique, notre Afrique, par les Africains eux-mêmes, en Jésus-Christ ? Par ailleurs, la question de la place du continent africain dans le concert des Nations et dans l’histoire du Salut mérite notre attention. À cette fin, n’est-il pas temps que l’Afrique, l’Afrique arrête de confier le sort de ses enfants à ses ennemis. À ce propos, le récent sommet de la France-Afrique, tenue les 11 et 12 mai derniers à Nairobi au Kenya, en dit long. Le Président d’un pays contre des présidents marionnettes d’un continent. Ce type de coopération est déséquilibré. De nos jours, face au grave problème qui minent l’Afrique, quel est votre regard de chrétien sur notre mère patrie, la Côte d’Ivoire, chers  frères et sœurs. Les situations de souffrance et de résignation face à la misère noire. Centaines que certains vont jusqu’à parler dans d’envoûtements collectifs. Oui un peuple envoûté au nom de Dieu, ce genre de discours n’est pas vrai. Les Ivoiriens ne sont pas enveloppés. Oui, la Côte d’Ivoire n’est pas en votée, elle est plutôt victime du comportement de certains de ses propres enfants. En termes de souffrance provoquée : Souffrance provoquée par leurs divisions, leur méchanceté, leur convoitise, leurs ambitions démesurées, leur trop grande cupidité, leur apprêté aux gains. Oui, la corruption généralisée, le culte du Dieu argent, l’incivisme, le manque de repère. Oui, les Ivoiriens sont préoccupés du fait du manque d’esprit patriotique, du manque de liberté, de dignité et d’honneur. Du fait des pactes avec les forces du mal, les pratiques ésotériques, l’occultisme, le manque de jugement et d’esprit critique. Oui, les Ivoiriens sont victimes des accords politiques en mode tontine, des dérives langagières sur les réseaux sociaux, leurs accointances avec nos propres ennemis. Les discours lénifiants et flatteurs, applaudis à la fois par les bourreaux et leurs victimes. Le soutien, oui, leur soutien à la rébellion armée et aux rebelles. La fracture sociale, la peur, la résignation, le chacun pour soi. Que dire du comportement des ennemis de notre pays et de leurs alliés ? Oui, ces bourreaux, envoûtés par les divinités du mensonge, de la violence et de la culture de la mort. Oui, ces bourreaux, envoûtés par les par les pratiques mystiques, les démons du pillage systématique de nos ressources et des idéologies toxiques. La justice sans justice, le cri à peine audible des paysans appauvris, des innocents en prison et d’une jeunesse désemparée ! Quelle paix ? Quelle croissance économique ? Quelle politique ou quelle gouvernance ? Chers frères et sœurs, l’Esprit Saint est sagesse et intelligence. L’Esprit Saint et courage et force. N’ayez plus peur, Dieu voit la misère de son peuple. Exode 3, 7. Que de ce quartier d’Abobo, il renouvelle la face de cette terre de Côte d’Ivoire, terre d’espérance, maintenant, partout et toujours. Amen.

Père Paul DAH