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Le Conseil des laïcs catholiques du Nigeria (CLCN) a défendu le Cardinal John Onaiyekan face aux accusations selon lesquelles il aurait violé la confiance en évoquant publiquement une rencontre privée entre le Président Bola Ahmed Tinubu et des membres de la Conférence des Évêques catholiques du Nigeria (CBCN), affirmant que l’Archevêque émérite d’Abuja accomplissait ainsi la mission prophétique de l’Église.

Dans une déclaration publiée le 3 août, le CLCN a rejeté l’accusation de « rupture de confiance » formulée par la Présidence, affirmant que le Cardinal Onaiyekan exerçait la responsabilité de l’Église de soulever des préoccupations morales concernant les questions qui affectent les Nigérians.

La critique de la Présidence faisait suite à une interview accordée par le Cardinal Onaiyekan à ARISE NEWS le 31 juillet, au cours de laquelle il a déclaré que le Président Tinubu avait directement répondu aux préoccupations exprimées par les évêques catholiques lors de leur rencontre du 28 juillet à la State House à Abuja, indiquant clairement qu’il ne partageait pas leur évaluation de la situation dans le pays.

Les membres du CLCN ont déclaré que l’Église a une responsabilité fondée sur l’Évangile et l’enseignement social catholique de « dire la vérité aux puissants », de défendre les personnes vulnérables et de demander des comptes aux dirigeants « avec vérité et charité ».

Ils ont insisté sur le fait qu’un tel engagement ne constitue pas un abus de privilège.

Au contraire, ils ont affirmé qu’il fait partie de la mission de l’Église au service de la société, notamment en étant une voix morale dans les couloirs du pouvoir.

« Le Cardinal Onaiyekan n’a révélé aucun secret », ont déclaré les membres du CLCN.

Ils ont reconnu que les échanges privés entre les responsables de l’Église et les autorités gouvernementales méritent d’être respectés, mais ont estimé que la confidentialité ne peut pas empêcher indéfiniment les discussions publiques sur des questions qui touchent directement les Nigérians.

« Les questions qui concernent la vie, le bien-être et l’avenir de plus de 200 millions de Nigérians ne peuvent pas rester éternellement enfermées dans des salles closes », ont déclaré les membres du CLCN.

Ils ont particulièrement évoqué l’économie, l’insécurité et la justice comme des préoccupations nationales, affirmant que les Nigérians ont le droit de connaître l’orientation donnée par les dirigeants sur les questions qui affectent leur vie.

Les membres du Conseil des laïcs ont rejeté l’idée selon laquelle le Cardinal Onaiyekan aurait divulgué des informations confidentielles.

« Le Cardinal Onaiyekan n’a révélé aucun secret », ont-ils répété, expliquant qu’il avait simplement communiqué les préoccupations morales de l’Église ainsi que la réponse du gouvernement.

Les membres du CLCN ont déclaré que cette démarche a été entreprise dans l’intérêt public.

« Il n’y avait aucune malveillance, seulement une préoccupation », ont-ils affirmé.

Selon eux, son intervention ne visait pas à embarrasser l’administration du Président Tinubu, mais plutôt à inviter la nation à un examen de conscience plus profond.

« Son intervention n’avait pas pour but d’embarrasser le gouvernement, mais d’appeler la nation à la conscience », ont-ils déclaré dans leur communiqué.

Les membres du Conseil ont également cherché à apaiser les tensions liées à cette controverse, affirmant que les désaccords sur les faits ne doivent pas automatiquement être interprétés comme de l’arrogance.

« Une réflexion pastorale ne devrait pas non plus être considérée comme une rupture de confiance », ont-ils ajouté.

Malgré ce désaccord, les membres du CLCN ont souligné que l’Église et le gouvernement doivent rester des partenaires dans la construction de la nation.

« Le gouvernement et l’Église doivent continuer à travailler ensemble pour le bien commun », ont-ils déclaré, exhortant les deux parties à préserver et à renforcer les canaux de dialogue.

Le Conseil des laïcs catholiques a affirmé que le Nigeria a besoin de voix morales « plus que jamais », alors que le pays fait face à des défis liés à la pauvreté, à la sécurité et à la justice.

Ils ont exprimé leur solidarité avec le Cardinal Onaiyekan et la CBCN, tout en appelant les Nigérians à prier pour leurs dirigeants.

Les membres du CLCN ont également encouragé les citoyens à soutenir les politiques gouvernementales qui apportent un soulagement aux pauvres, améliorent la sécurité et favorisent la justice.

Père Paul DAH