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Par ACI Afrique

Kigali, 05 août, 2026 / 11:49 (ACI Africa).

Le Secrétaire du Dicastère du Vatican pour l’Évangélisation a déclaré que l’Église en Afrique est devenue une force majeure au sein du catholicisme mondial, appelant à une plus grande reconnaissance de la contribution du continent à l’Église universelle et mettant en garde contre les attitudes qui continuent de considérer sa voix comme immature.

S’adressant aux participants lors de la cérémonie d’ouverture du Congrès mondial de SIGNIS à Kigali, au Rwanda, Mgr Fortunatus Nwachukwu a affirmé que l’organisation, pour la première fois, de cette rencontre internationale sur le sol africain est le signe d’une reconnaissance croissante de la place du continent dans la vie de l’Église.

« Ce n’est pas une chose anodine qu’il faut tenir pour acquise. Cela dit à l’Église universelle ce que beaucoup d’entre nous savent depuis longtemps et essaient de faire comprendre : l’Église en Afrique est parvenue à maturité, et sa voix, son dynamisme et son espérance ont quelque chose d’essentiel à offrir à toute la communion des croyants », a déclaré Mgr Nwachukwu dans son intervention du mardi 4 août.

Selon le prélat nigérian du Vatican, « la voix de l’Église en Afrique n’est plus, et ne devrait plus être, traitée comme celle d’un bébé dans un berceau ».

Expliquant cette comparaison, il a indiqué que, tout comme les adultes considèrent souvent les pleurs d’un bébé comme une interruption plutôt que comme une contribution significative, la voix de l’Église en Afrique a longtemps été perçue de la même manière dans certains milieux.

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« Soit on fait taire le bébé en disant : « S’il vous plaît, tais-toi. Les adultes discutent », soit on demande à quelqu’un de lui donner du lait pour qu’il cesse de pleurer », a expliqué Mgr Nwachukwu, soulignant que la voix d’un bébé est rarement considérée comme capable de contribuer à une conversation sérieuse.

Il a attribué en partie cette perception à la dépendance financière persistante de nombreuses Églises locales d’Afrique envers les Églises plus anciennes.

« Il est temps que les Églises d’Afrique se réveillent et commencent à se comporter au moins comme des adolescents, sinon comme des adultes capables de subvenir à l’essentiel de leurs besoins », a déclaré Mgr Nwachukwu, qui a auparavant été représentant du Saint-Père au Nicaragua, à Trinité-et-Tobago, en Jamaïque, en Guyana et dans plusieurs autres pays.

Il a averti : « Tant que nous irons constamment tendre la main pour demander du lait, nous serons traités comme des bébés dans un berceau. »

Le responsable du Vatican a affirmé que la décision d’organiser le Congrès mondial de SIGNIS en Afrique reflète l’importance croissante du continent au sein de l’Église universelle et la reconnaissance que sa contribution ne peut plus être ignorée.

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Revenant sur le thème du Congrès, « La communication numérique au service de l’harmonie culturelle et du bien-être environnemental », Mgr Nwachukwu a décrit la communication comme l’une des forces déterminantes qui façonnent la société contemporaine.

« Nous vivons à une époque où la communication ne se contente plus de décrire le monde ; elle façonne le monde », a-t-il déclaré, observant que les technologies numériques ont effacé les barrières géographiques et permettent à des messages produits dans une partie du monde d’atteindre une autre en quelques minutes.

Le responsable du Vatican, qui est également représentant du Saint-Siège auprès des Nations Unies et des institutions spécialisées à Genève depuis sa nomination en décembre 2021, a toutefois averti qu’une communication gouvernée uniquement par des algorithmes risque de récompenser l’indignation plutôt que la vérité, la polarisation plutôt que la réconciliation, favorisant ainsi le tribalisme au détriment de la communion et de la solidarité.

« La question n’est pas de savoir si l’autoroute numérique façonnera la culture. Elle la façonne déjà », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « La véritable question est de savoir si cette autoroute numérique sera construite par des disciples au service de la communion ou laissée aux forces qui tirent profit de la division. »

Réitérant le message qu’il avait adressé lors du dîner de clôture de l’Académie d’été 2026 d’EWTN à Rome, le 1er juillet, Mgr Nwachukwu a rappelé aux communicateurs catholiques qu’ils sont « avant tout des disciples avant d’être des influenceurs ». Il a souligné que leur vocation dépasse la seule compétence professionnelle et consiste aussi à faire entendre la voix de ceux qui sont marginalisés.

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Il a affirmé que les journalistes catholiques, y compris les réalisateurs et les professionnels de l’audiovisuel, sont appelés à donner la parole aux migrants, aux communautés rurales, aux survivants d’abus, aux travailleurs et aux enfants sans défense, rappelant que cela correspond à l’appel du Pape Léon XIV invitant l’Église à écouter les victimes d’abus spirituels, économiques, institutionnels, sexuels, d’abus de pouvoir et d’atteintes à la conscience, dans la recherche de la justice.

« Il faut un choix délibéré, courageux et souvent coûteux pour orienter le microphone vers ceux que les algorithmes préfèrent ignorer », a déclaré le prêtre du diocèse catholique d’Aba, au Nigeria, ajoutant que donner une voix à ceux qui ne sont pas entendus est « un acte d’harmonie culturelle, car une culture ne peut être harmonieuse tant que des peuples entiers qui la composent restent sans voix et ne sont pas écoutés ».

Le Congrès mondial de SIGNIS, qui se tient du 3 au 8 août, réunit des communicateurs catholiques de plus de 40 pays afin de réfléchir à la communication numérique au service de la communion, aux pratiques religieuses et culturelles à l’ère numérique, à l’intelligence artificielle dans les médias, à l’éducation aux médias, à l’engagement des jeunes, à la communication environnementale et au rôle des communicateurs catholiques dans la promotion de la réconciliation et de l’harmonie culturelle.

Parmi les pays africains représentés figurent le Rwanda, le Burundi, la République démocratique du Congo, le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Nigeria, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la Zambie, le Ghana, le Sénégal, l’Éthiopie, le Soudan du Sud, le Soudan, le Burkina Faso, le Bénin, l’Afrique du Sud et le Mozambique.

Organisé tous les quatre ans, le Congrès mondial de SIGNIS « offre une plateforme permettant aux participants de mener des discussions de fond, d’échanger des idées et de réfléchir à l’avenir des médias et de la communication », selon un rapport de SIGNIS.

Ce rapport précise que la décision de confier au Rwanda l’organisation de l’édition 2026 « a été prise lors de la réunion du Conseil d’administration de SIGNIS à Bangkok, en Thaïlande », dans le cadre de l’engagement de SIGNIS « à promouvoir la collaboration internationale entre ses membres, associés et affiliés ».

Le précédent Congrès mondial de SIGNIS s’est tenu en 2022 à Séoul, en Corée du Sud. La ville de Québec, au Canada, avait accueilli l’édition de 2017, après celle organisée en 2014 à Rome, en Italie.

Père Paul DAH