Cet appel a été lancé à l’occasion du Forum national de l’Initiative Sahel pour la Paix (SPI), tenu les 23 et 24 juin à l’hôtel Bravia de Niamey sur le thème : « Élevons nos voix et unissons nos efforts pour une paix durable au Niger et au Sahel. »
Une large coalition en faveur de la paix
Organisée par Caritas-Niger avec le soutien de Catholic Relief Services (CRS), cette rencontre de deux jours a réuni des représentants des institutions gouvernementales, des autorités religieuses et traditionnelles, des organisations de la société civile, des professionnels des médias, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des jeunes et des femmes venus de différentes régions du pays.
Le forum s’est tenu sous le haut patronage du ministre d’État, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, ainsi que de Mgr Laurent Lompo, archevêque de l’archidiocèse catholique de Niamey et président du Groupe de travail de l’Initiative Sahel pour la Paix.
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Les participants ont ouvert les travaux par une minute de silence en mémoire des civils et des membres des forces de sécurité ayant perdu la vie lors des récentes attaques terroristes au Niger, y compris celles survenues à Niamey quelques jours seulement avant la tenue du forum.
Une paix fondée sur le dialogue et l’inclusion
Dans son allocution principale, Mgr Lompo a souligné que la paix ne peut être imposée, mais qu’elle doit être construite chaque jour à travers la justice, la solidarité, l’inclusion et le dialogue.
Il a également insisté sur la nécessité d’investir dans les jeunes et de renforcer le rôle des femmes, qu’il a décrits comme des acteurs incontournables des efforts de consolidation de la paix.
Le cheikh Barham Aboubacar, coordonnateur national du Comité de dialogue interreligieux et intrareligieux (CDIR), a affirmé que les traditions religieuses du pays doivent être des forces d’unité plutôt que de division.
Il a exhorté les responsables religieux à poursuivre leur lutte contre les discours de haine, l’extrémisme violent et les manipulations susceptibles de fragiliser la cohésion nationale.
Le général de brigade Diddili Amadou, président de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), a souligné la nécessité de réponses coordonnées aux défis sécuritaires, sociaux et économiques de la région, insistant sur le fait qu’une paix durable exige la participation des institutions publiques, des responsables religieux et traditionnels, des femmes, des jeunes et des communautés locales.
Représentant le ministre d’État, le conseiller technique Alassane Seiboun a réaffirmé l’engagement du gouvernement à promouvoir la cohésion sociale, la prévention des conflits et la résilience des communautés, appelant les participants à faire de ces priorités le cœur du développement national.
À la recherche de solutions concrètes à l’insécurité
Tout au long du forum, les participants ont examiné des approches pratiques pour s’attaquer aux causes profondes des conflits et renforcer la paix au niveau communautaire.
L’un des panels a offert aux communautés directement touchées par les violences l’occasion de partager leurs expériences, leurs préoccupations et leurs propositions pour rétablir la sécurité et reconstruire la confiance.
Une autre session a permis aux responsables religieux et aux autorités traditionnelles d’échanger leurs expériences et d’identifier des moyens de renforcer le dialogue interreligieux et la réconciliation au sein des communautés locales.
La deuxième journée a été consacrée au rôle des médias dans la promotion de la paix. Les participants ont souligné que les journalistes et les professionnels des médias ont une responsabilité essentielle dans la lutte contre la désinformation, les discours de haine et les récits qui alimentent les tensions communautaires.
Une table ronde de haut niveau a également réuni des partenaires techniques et financiers afin de discuter d’une meilleure coordination, d’un financement durable et d’un soutien à long terme aux initiatives de consolidation de la paix au Niger et dans l’ensemble du Sahel.
Les participants ont également visité des stands d’exposition présentant des produits et des projets générateurs de revenus développés par des personnes déplacées internes, mettant en lumière la résilience des communautés affectées par les conflits et l’importance de l’autonomisation économique pour maintenir la paix.
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Des recommandations pour une paix durable
Le forum s’est achevé par une série de recommandations adressées aux autorités publiques, aux organisations religieuses, aux professionnels des médias, aux partenaires de développement et aux organisations communautaires.
Parmi les principales recommandations figurent le renforcement de l’autonomisation économique des jeunes et des femmes, l’élargissement des mécanismes communautaires de prévention des conflits, la promotion de l’éducation à la paix et à la citoyenneté, le renforcement du dialogue interreligieux et interculturel, l’amélioration de la coordination entre les acteurs de la paix, ainsi qu’un investissement accru dans les initiatives locales de cohésion sociale.
Du dialogue à l’action
Dans leurs interventions de clôture, le cheikh Aboubacar et Mgr Lompo ont exhorté les participants à traduire les recommandations du forum en actions concrètes susceptibles d’améliorer les conditions de vie des communautés touchées par l’insécurité.
La rencontre de deux jours s’est conclue par un appel unanime à une collaboration durable. Les participants ont affirmé qu’une paix durable au Niger et dans le Sahel ne pourra être obtenue qu’à travers un engagement collectif, inclusif et constant des gouvernements, des communautés religieuses, de la société civile et des citoyens.
Jude Atemanke
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