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Par Silas Isenjia

Accra, 29 avril, 2026 / 9:46 (ACI Africa).

Les membres de la Conférence des évêques catholiques du Ghana (GCBC) ont critiqué l’avertissement adressé par une responsable gouvernementale à un pasteur pentecôtiste à propos de ses déclarations sur l’exploitation minière illégale, soulignant que l’Église a le devoir de dénoncer l’injustice.

Dans une déclaration publiée le mardi 28 avril, les évêques ont affirmé qu’il est regrettable et sans fondement que la directrice générale de la Ghana Free Zones Authority ait averti l’Apôtre Eric Nyamekye, président de l’Église de Pentecôte, qu’il pourrait être traité comme un homme politique pour avoir parlé de l’exploitation minière illégale.

« Lorsque surgissent des situations qui menacent la dignité humaine, l’intégrité de la création ou le bien commun, comme les graves dommages causés par l’exploitation minière illégale (galamsey), l’Église est tenue de prendre la parole », ont déclaré les évêques en référence à l’avertissement de Dr Mary Awusi.

Cet avertissement faisait suite aux déclarations publiques de l’Apôtre Nyamekye sur les effets dévastateurs de l’exploitation minière illégale, communément appelée galamsey.

Lors de la 48e conférence générale de son Église, le dirigeant pentecôtiste avait souligné que la pollution des rivières perturbait des pratiques religieuses importantes telles que le baptême par immersion et affectait négativement les moyens de subsistance de nombreux fidèles vivant dans les zones minières.

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En réaction, Dr Awusi, lors d’une interview radiophonique, aurait critiqué les propos de l’Apôtre, les qualifiant de politiques et l’avertissant contre ce type de discours.

Elle aurait déclaré que, bien qu’elle respecte son rôle de responsable religieux, de futures déclarations de cette nature seraient considérées comme politiques, avertissant que « la prochaine fois… nous le traiterons comme un homme politique ».

Elle a également estimé que ses remarques semblaient sélectives et s’est interrogée sur l’absence de critiques aussi fortes sous les précédents gouvernements.

Cet échange aurait suscité un large débat public, touchant à la question plus large du rôle des responsables religieux dans les débats nationaux sur la gouvernance et la protection de l’environnement.

L’exploitation minière illégale demeure un problème majeur au Ghana, contribuant à une grave dégradation de l’environnement, notamment à la destruction des cours d’eau et des forêts, tout en mettant en danger la santé publique et les moyens de subsistance des populations.

Dans leur déclaration, les évêques ont affirmé, en référence à l’Évangile selon saint Matthieu : « L’Église, par sa nature et son mandat divin, ne peut rester silencieuse face aux préoccupations morales et sociales. Le Christ appelle son Église à être “la lumière du monde” et “le sel de la terre”. »

Les évêques ont également souligné que si la gouvernance démocratique exige une séparation claire des rôles, cela ne doit pas se faire au détriment de la responsabilité morale.

Ils ont expliqué que, même si l’autorité politique et le leadership religieux remplissent des fonctions différentes, « cela ne doit pas réduire au silence la voix de la conscience », ajoutant que l’Église ne cherche pas le pouvoir politique mais veut éclairer la vie publique par la vérité.

Dans cette déclaration d’une page signée par leur président, Mgr Matthew Kwasi Gyamfi du diocèse catholique de Sunyani, les évêques ont précisé que lorsque l’Église s’exprime sur des questions telles que la justice, la paix et la sauvegarde de la création, elle le fait non pas comme un acteur politique mais comme « un guide moral soucieux du bien de tous ».

Les évêques ont également évoqué les informations selon lesquelles Dr Awusi aurait depuis présenté des excuses, tout en estimant que de tels propos ne sont pas utiles au débat national. Ils ont averti que des déclarations assimilant le témoignage moral à une ambition politique risquent de réduire l’espace de réflexion éthique et d’affaiblir un dialogue constructif.

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« Nous ne nous attendons pas à de telles expressions de la part de personnes investies de responsabilités publiques », ont-ils déclaré, appelant plutôt à un dialogue respectueux et constructif.

Ils ont toutefois salué les réactions mesurées et respectueuses des membres de la communauté chrétienne, notant que ces réponses contribuent à préserver la dignité et à réduire les tensions.

Appelant à l’unité, les évêques ont exhorté les Ghanéens à dépasser les divisions. « Ce moment nous appelle à être des artisans de paix. Évitons les divisions et favorisons le dialogue, la compréhension et le respect mutuel », ont-ils lancé.

La déclaration appelle également les responsables publics à rester ouverts à la voix morale de l’Église et de toutes les personnes de bonne volonté, tout en encourageant le clergé et les laïcs à demeurer fermes dans l’annonce de la vérité avec prudence et amour.

Les évêques ont confié la nation à la guidance divine, exprimant leur espérance pour l’unité et la paix. Ils ont prié pour que Dieu guide les dirigeants du pays et renforce la cohésion nationale.

Père Paul DAH