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Par Silas Isenjia

Accra, 20 février, 2026 / 2:15 (ACI Africa).

Les membres de la Conférence des évêques catholiques du Ghana (GCBC) ont publié une directive destinée à guider tous les diocèses, paroisses et institutions de la nation ouest-africaine dans la gestion des campagnes politiques, interdisant en particulier l’utilisation des locaux de l’Église à des fins politiques partisanes.

Dans leur déclaration datée du mercredi 18 février, les membres de la GCBC reconnaissent les « développements récents » liés à l’engagement politique dans le pays, qui, selon eux, violent « l’identité sacrée » de l’Église.

« Notre conscience et notre responsabilité pastorale nous obligent à nous exprimer sur cette question, guidés par l’Écriture, l’enseignement de l’Église et un discernement pastoral éclairé », affirment-ils, ajoutant : « Cette pratique viole l’identité sacrée de nos églises et exige une réponse sans équivoque. »

Dans leur directive, les évêques demandent une « interdiction absolue » des campagnes partisanes, affirmant que « l’utilisation de tout édifice d’église catholique consacré pour des campagnes politiques partisanes, des rassemblements ou des discours est strictement interdite en tout temps ».

Concernant la conduite durant la liturgie, les membres de la GCBC indiquent que les responsables politiques peuvent être accueillis à la messe comme simples fidèles, tout en précisant qu’ils ne doivent pas utiliser la liturgie ou le sanctuaire comme tribune politique.

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Les évêques précisent également que, lors d’occasions spéciales telles que les anniversaires de paroisse, un dignitaire invité peut, après les rites de conclusion et la bénédiction finale, être autorisé à prononcer de brèves paroles de salutation ou de félicitation non partisanes.

Les évêques donnent aussi des orientations sur l’utilisation des installations de l’Église, qui, selon eux, doit être prudente. Ils précisent que les activités d’éducation civique non partisanes ou les événements communautaires ne peuvent être organisés dans les salles paroissiales ou autres installations annexes qu’avec l’autorisation écrite de l’ordinaire du lieu.

Les évêques catholiques du Ghana affirment que ces événements « doivent être ouverts à tous et régis par des protocoles empêchant toute exploitation partisane ou toute confusion quant à la neutralité de l’Église ».

Dans leur déclaration, les évêques s’engagent à assurer le strict respect de cette directive, exhortant les curés et les conseils pastoraux paroissiaux à les appliquer fidèlement et à rejeter toute demande contraire à ces normes.

« Nous demandons également une catéchèse sur la théologie de l’espace sacré et les principes de la doctrine sociale de l’Église dans les homélies et les programmes permanents de formation », déclarent les évêques dans ce document de deux pages signé par leur président, l’évêque Matthew Kwasi Gyamfi du diocèse catholique de Sunyani au Ghana.

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Ils encouragent en outre les paroisses « à informer de manière proactive les acteurs politiques de l’existence de lieux alternatifs appropriés, non sacrés, disponibles au sein de la communauté ».

« Ces directives réaffirment notre identité fondamentale. En protégeant le caractère sacré de nos lieux de culte, nous préservons l’intégrité de notre mission », affirment-ils.

Ils ajoutent : « Seule une Église qui demeure fermement une “maison de prière pour tous les peuples” peut appeler de manière crédible toute personne et tout parti aux exigences supérieures de la justice, de la vérité et du bien commun authentique. »

Les évêques catholiques du Ghana soulignent en outre la nécessité d’exclure les campagnes politiques partisanes des locaux de l’Église, invoquant notamment ce qu’ils décrivent comme le caractère inviolable de l’église consacrée.

« Une église catholique est un espace sacré consacré comme maison de Dieu et maison de l’Église. Elle est le signe de la présence de Dieu parmi les hommes réconciliés et unis dans le Christ et existe pour l’écoute de la Parole de Dieu et la célébration de l’Eucharistie », affirment-ils en référence au Catéchisme de l’Église catholique (CEC).

Ils expliquent que la « sainteté » de l’Église est permanente, confirmée par la présence du Saint-Sacrement réservé, et qu’elle n’est pas suspendue entre les célébrations liturgiques.

Les évêques soulignent que l’utilisation de « cet édifice consacré pour une activité politique partisane constitue une contradiction fondamentale. Elle profane ce qui est saint et obscurcit la véritable finalité de l’édifice, donnée par Dieu ».

Ils mettent également en avant des normes fondamentales, notamment la loi divine et la discipline ecclésiastique, parmi les raisons pour lesquelles les locaux de l’Église doivent être protégés contre les campagnes politiques partisanes.

« Notre position est fondée sur la révélation divine et le droit de l’Église. Le Christ lui-même a purifié le Temple en déclarant : “Ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples. Mais vous en avez fait une caverne de voleurs” », affirment-ils en référence à l’Évangile selon saint Marc.

Ils expliquent également, en référence au droit canonique : « Cette action prophétique défend le sacré contre tout usage abusif. Dans un lieu sacré, seules sont permises les choses qui servent l’exercice ou la promotion du culte, de la piété et de la religion. »

Père Paul DAH