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Par Agnes Aineah

Kaduna, 12 février, 2026 / 6:56 (ACI Africa).

Le curé de la paroisse Saint-Joseph de l’Archidiocèse catholique de Kaduna, au Nigeria, a confirmé l’enlèvement du catéchiste paroissial, de son épouse lourdement enceinte et de plus de 30 autres personnes lors d’une attaque perpétrée par des bandits armés.

Dans un entretien accordé à Arise Television, le Père Linus Matthew Bobai a indiqué que l’attaque, survenue dans la nuit du lundi 9 février, a contraint les habitants des communautés de Kutaho et Kugir, dans le quartier Aribi de la zone de gouvernement local de Kagarko, dans l’État de Kaduna, à fuir leurs villages.

« Des bandits ont enlevé notre catéchiste, son épouse enceinte et 32 autres personnes dans la LGA de Kagarko », a déclaré le Père Bobai, précisant que l’attaque s’est produite vers minuit.

Il a ajouté : « La communauté est sous tension. Plus de 98 % des habitants se sont réfugiés dans un village voisin. Ceux d’entre nous qui ont dormi au village hier ne sont pas jusqu’à 40. »

Le prêtre nigérian a décrit une population désemparée : « Nous sommes démunis. La communauté est sous tension », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « Ce soir, beaucoup sont partis par peur et à cause de tout cela. »

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« Nous sommes très tendus. Certains d’entre nous ont peur, mais nous ne pouvons pas fuir parce que nous sommes des pasteurs. Nous avons encouragé quelques autres à rester pour veiller sur la communauté », a-t-il poursuivi.

Selon les informations disponibles, l’attaque aurait eu lieu vers 2 heures du matin le 9 février, lorsque des hommes armés ont pris d’assaut les villages après avoir auparavant proféré des menaces et exigé des rançons auprès des habitants.

Le Père Bobai a expliqué que malgré les avertissements invitant la population à rester vigilante, les assaillants sont revenus comme ils l’avaient annoncé, lançant une attaque coordonnée alors qu’il se trouvait à Kaduna pour acheter des manuels scolaires destinés à l’école Saint-Joseph.

Dans certaines régions de l’État de Kaduna, les habitants continuent d’appeler à une présence sécuritaire permanente et à des patrouilles proactives afin de prévenir de nouvelles attaques.

Le 20 janvier, l’organisation britannique de défense des droits humains Christian Solidarity Worldwide (CSW) a exhorté les autorités nigérianes à obtenir la libération de 167 fidèles qui auraient été enlevés lors d’attaques coordonnées contre trois églises dans la communauté de Kurmin Wali, dans la zone de gouvernement local de Kajuru, toujours dans l’État de Kaduna.

Nigeria

Les responsables de la CSW ont exprimé leur inquiétude face aux attaques répétées contre le peuple Adara de Kajuru, particulièrement ciblé depuis l’enlèvement et l’assassinat en 2018 de leur chef traditionnel, l’Agom Adara III, Sa Majesté le Dr Maiwada Raphael Galadima, par des assaillants peuls, malgré le paiement d’une rançon.

Selon la CSW, le 11 janvier, plus de 20 personnes ont été enlevées dans la communauté et n’ont été libérées qu’après le paiement d’environ 7 millions de nairas (environ 4 932 dollars américains). Plus tôt, le 2 janvier, un responsable d’Église, le révérend Philip Adamu, figurait parmi quatre personnes enlevées dans le village d’Ungwan Danladi, dans la LGA de Kajuru, par des assaillants parlant le fulfulde.

Les responsables de l’organisation chrétienne ont qualifié ces attaques répétées de manquement grave aux responsabilités de l’État, avertissant que les communautés rurales sont plongées davantage dans la pauvreté en raison des rançons exigées et des déplacements forcés.

Les violences au Nigeria, visant en grande partie des communautés chrétiennes et agricoles, ont conduit le président américain Donald Trump à désigner le Nigeria comme « pays particulièrement préoccupant » (Country of Particular Concern – CPC).

Père Paul DAH