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«La première condition à respecter dans la préparation de ces élections doit être la réconciliation», lit-on en partie dans un message de la Conférence épiscopale de Côte d’Ivoire (CECCI) publié dans l’archidiocèse de Korhogo, lieu de la réunion plénière des évêques Dimanche 19 janvier.

Réunie du 13 au 19 janvier pour sa 114e Assemblée plénière au centre Notre Dame du Rosaire de Lataha, dans le diocèse de Korhogo (nord), la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire (Cecci) a publié un message dans lequel elle invite les acteurs sociopolitiques à œuvrer pour des élections paisibles, transparentes et crédibles.

À 10 mois de l’élection présidentielle, l’épiscopat ivoirien est résolu à se battre pour que le scrutin se déroule dans la paix. Pour ce faire, revendiquant sa mission prophétique dans la vie sociopolitique du pays, il rappelle aux acteurs des élections leurs responsabilités. C’est ce qu’il faut retenir du message publié, ce 19 janvier, au terme l’Assemblée plénière de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire (Cecci) qui se réunissait depuis le 13 janvier à Korhogo, dans le nord du pays.

Cette déclaration qui s’inscrit dans la continuité de celle publiée en juin 2019 et qui s’intitulait « évitez-nous une autre guerre » est un nouveau cri de cœur face aux tensions politiques qui inquiètent Ivoiriens et observateurs de la vie politique du pays.

Un contexte sociopolitique tendu

Le 23 décembre, plusieurs militants et responsables de Générations et peuples solidaires (GPS), un mouvement politique lancé par Guillaume Soro l’ancien chef de la rébellion et ancien allié d’Alassane Ouattara, ont été arrêtés alors qu’ils s’organisaient pour accueillir leur leader candidat déclaré à la future élection présidentielle. Un mandat d’arrêt international a également été lancé contre Soro empêché de rentrer en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, le doute subsiste sur un troisième mandat du président Ouattara et les rapports sont tendus entre ses partisans et ceux d’Henri Konan Bédié, ancien président, son ex-allié. Quant à l’autre ancien président, Laurent Gabgbo, il a été libéré sous condition par la Cour pénale internationale en janvier 2019 mais réside actuellement à Bruxelles. Son éventuel retour suscite de nombreuses supputations.

Aux yeux des évêques ivoiriens, des élections paisibles requièrent un certain nombre de conditions.

Conditions pour des élections paisibles

D’abord la réconciliation. Cette réconciliation « suppose, voire exige le retour des exilés avec des garanties de sécurité et de réintégration, la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion, sans exception et le dégel des avoirs », insiste l’épiscopat ivoirien qui fait sienne l’interpellation adressée, le 30 décembre au chef de l’État ivoirien Alassane Ouattara par le cardinal Jean-Pierre Kutwa, archevêque d’Abidjan. « Je demande humblement à vous, M. le Président de la République, vous qui détenez le pouvoir de la grâce présidentielle, de bien vouloir accepter de faire sortir du cachot tous ceux qui ont été arrêtés, suite aux derniers événements que connaît notre pays », avait-il plaidé.

Comme deuxième condition pour des élections paisibles en Côte d’Ivoire, les évêques évoquent la concertation et le consensus entre les différents acteurs de la vie sociopolitique. « Nous devons en effet nous accorder sur le fait que les prochaines élections doivent être transparentes, crédibles et pacifiques, pour que tous acceptent les résultats qui en sortiront comme expression de la volonté de la majorité des Ivoiriens », insistent-ils. Or selon eux, cela n’est possible si la Commission électorale indépendante (CEI), jouit d’une totale indépendance. « L’indépendance des structures devant arbitrer ces joutes électorales, comme la CEI divise et cristallise encore les tensions autant que le sont celles du découpage électoral, la question des pièces d’identité, de la liste électorale, du code électoral », note encore la Cecci qui demande enfin « l’égalité des chances de tous les candidats désireux de compétir ».

Lettre pastorale

La conférence épiscopale ivoirienne qui revendique de plus en plus la dimension prophétique de sa mission, annonce, en outre, la publication, dans les prochains jours, d’une lettre pastorale sur « L’Église en Côte d’Ivoire, au service de la réconciliation, la justice et la paix. »

Mardi 14 janvier, à l’ouverture de la présente plénière, Mgr Ignace Bessi, évêque de Katiola, dans le nord et président de la Cecci avait rappelé que : «  L’évêque, ministre de la réconciliation, ne peut s’accommoder du manque de volonté conjugué des antagonistes » et que « l’Église ne peut faire la politique de l’autruche, ignorant les épreuves que vivent les populations ». Xxx

“The first condition to be respected in the preparation of these elections must be reconciliation”, we read in part in a message from the Episcopal Conference of Côte d’Ivoire (CECCI) published in the Archdiocese of Korhogo, place of the meeting plenary of the bishops Sunday January 19.

Meeting from January 13 to 19 for its 114th Plenary Assembly at the Notre Dame du Rosaire center in Lataha, in the diocese of Korhogo (north), the Conference of Catholic Bishops of Côte d’Ivoire (Cecci) has published a message in which it invites socio-political actors to work for peaceful, transparent and credible elections.

Ten months before the presidential election, the Ivorian episcopate is determined to fight to ensure that the poll takes place in peace. To do this, claiming its prophetic mission in the socio-political life of the country, he reminds those involved in the elections of their responsibilities. This is what must be remembered from the message published on January 19 at the end of the Plenary Assembly of the Conference of Catholic Bishops of Côte d’Ivoire (Cecci) which has been meeting since January 13 in Korhogo, in the north. from the country.

This declaration, which is a continuation of that published in June 2019 and which was entitled “Avoid another war”, is a new cry of heart in the face of the political tensions which worry Ivorians and observers of the political life of the country.

A tense socio-political context

On December 23, several activists and officials of Generations and Peoples in Solidarity (GPS), a political movement launched by Guillaume Soro, the former leader of the rebellion and former ally of Alassane Ouattara, were arrested while they were organizing to welcome their declared candidate leader to the future presidential election. An international arrest warrant has also been issued against Soro prevented from returning to Côte d’Ivoire. In addition, doubt remains about a third term for President Ouattara and relations are strained between his supporters and those of Henri Konan Bédié, former president, his ex-ally. As for the other former president, Laurent Gabgbo, he was conditionally released by the International Criminal Court in January 2019 but currently resides in Brussels. His possible return raises many speculations.

In the eyes of the Ivorian bishops, peaceful elections require a number of conditions.

Conditions for peaceful elections

First reconciliation. This reconciliation “supposes, even demands the return of the exiles with guarantees of security and reintegration, the release of all political prisoners and of opinion, without exception and the thawing of assets”, insists the Ivorian episcopate which endorses l ‘inquiry addressed on December 30 to Ivorian Head of State Alassane Ouattara by Cardinal Jean-Pierre Kutwa, Archbishop of Abidjan. “I humbly ask you, Mr. President of the Republic, you who hold the power of presidential pardon, to agree to remove all those who have been arrested, following the latest events in our country” , he pleaded.

As a second condition for peaceful elections in Côte d’Ivoire, the bishops evoke concertation and consensus between the various actors in socio-political life. “We must indeed agree that the next elections must be transparent, credible and peaceful so that all accept the results that will emerge as an expression of the will of the majority of Ivorians,” they insist. According to them, this is only possible if the Independent Electoral Commission (CEI) enjoys complete independence. “The independence of the structures that must arbitrate these electoral contests, as the CEI still divides and crystallizes the tensions as much as are those of the electoral division, the question of identity documents, the electoral list, the electoral code”, notes again Cecci which finally asks for “equal opportunities for all candidates wishing to compete”.

Pastoral letter

The Ivorian episcopal conference, which increasingly claims the prophetic dimension of its mission, also announces the publication, in the coming days, of a pastoral letter on “The Church in Côte d’Ivoire, at the service of reconciliation, justice and peace. “

Tuesday, January 14, at the opening of this plenary, Monsignor Ignace Bessi, bishop of Katiola, in the north and president of Cecci, recalled that: “The bishop, minister of reconciliation, cannot accommodate the lack of the will of the antagonists ”and that“ the Church cannot make the policy of the ostrich, ignoring the trials that the populations live ”.

Rev. Fr. George Nwachukwu