Dans son discours d’ouverture du consistoire extraordinaire du Collège des cardinaux ce vendredi 26 juin dans la Salle Paul VI, Léon XIV a invité les cardinaux à vivre ces journées de travail dans un esprit de communion, de discernement et de responsabilité partagée. Le Saint-Père a présenté les quatre grands thèmes qui guideront leurs travaux, tous orientés vers une même finalité: aider l’Église à annoncer l’Évangile «avec plus de fidélité, de liberté et de crédibilité».
Moriba Camara, S.J. – Cité du Vatican
En accueillant les membres du Collège cardinalice, Léon XIV les a remerciés d’avoir répondu à son invitation, voyant dans leur présence, un signe de «la sollicitude que nous partageons pour toute l’Église, dans le service du Peuple de Dieu et de la mission que le Seigneur nous a confiée». Revenant sur le consistoire de janvier dernier, le Pape a rappelé le souhait qu’il avait alors formulé: apprendre toujours davantage à «travailler ensemble au service de l’Église» et poursuivre «un dialogue qui m’aide au service de la mission et de toute l’Église». Il a précisé que cette ambition demeure «l’une des responsabilités les plus importantes confiées au Collège cardinalice».
Pour le Saint-Père, la communion n’est jamais acquise. «Elle reste une conversion quotidienne», qui prend forme «dans la prière», mais aussi «à travers des attitudes concrètes, des relations de confiance et la disponibilité à nous écouter mutuellement».
Une Église appelée à reconnaître la présence du Christ dans le monde
Présentant le premier thème des travaux, Léon XIV a invité les cardinaux à contempler le monde avant de chercher des solutions. «Avant de nous demander ce qu’il faut faire, il faut s’arrêter devant la réalité, la regarder avec les yeux de la foi et nous laisser interpeller par l’écoute de nos frères et sœurs», a-t-il expliqué. Évoquant son récent voyage apostolique en Espagne, il a rappelé que «Jésus marche dans les rues, traverse les places, visite nos quartiers, habite les lieux de notre vie quotidienne». Aujourd’hui encore, a-t-il ajouté, «le Seigneur continue de nous précéder dans l’histoire, et l’Église est appelée avant tout à reconnaître sa présence».
Face aux conflits, promouvoir la «civilisation de l’amour»
Le deuxième temps de réflexion sera consacré à «la culture du pouvoir et à la civilisation de l’amour». Le Pape a rappelé que de nombreux cardinaux viennent de régions «marquées par la guerre, la violence, la polarisation sociale ou religieuse», mais qu’aucune Église n’est épargnée par «les nombreuses formes de conflit, d’oppression et de fracture» qui traversent le monde actuel.
Dans cette perspective, Léon XIV a invité les participants à approfondir son encyclique Magnifica Humanitas. Il souhaite entendre «comment ces pages trouvent un écho dans vos Églises, quelles questions elles suscitent, quelles perspectives elles ouvrent, quelles pistes elles suggèrent». Car, a-t-il souligné, «une encyclique poursuit son chemin lorsqu’elle est accueillie, interprétée et incarnée dans la vie concrète des Églises».

26/06/2026
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Le bien commun exige des responsabilités partagées
La troisième session portera sur la contribution de l’Église à la construction du bien commun. Face à «la tentation de la fragmentation» et au poids croissant «des intérêts particuliers», le Pape a rappelé que «le bien commun ne naît pas spontanément, mais exige des responsabilités partagées». Pour l’Église, cette responsabilité prend «une forme bien précise: un style synodal au service de la mission du Royaume». Ce style suppose, selon Magnifica Humanitas, «la transparence, l’évaluation et la coresponsabilité» dans la manière de prendre les décisions et d’exercer les responsabilités.
La dernière session sera consacrée à la mise en œuvre du Synode. Léon XIV a insisté sur le fait que «la synodalité n’est pas avant tout un ensemble de procédures». Elle est «une attitude, une ouverture, une disponibilité à comprendre». Répondant à ceux qui y voient un affaiblissement de l’autorité, le Pape a précisé que la synodalité «nous aide à comprendre plus profondément le sens même de l’autorité», laquelle existe «pour préserver la communion, favoriser la participation de tous et orienter le cheminement commun de l’Église».
La mission, raison d’être de l’Église
Pour Léon XIV, ces quatre thèmes convergent vers une seule interrogation fondamentale: «Comment pouvons-nous aider aujourd’hui nos Églises à annoncer l’Évangile avec plus de fidélité, de liberté et de crédibilité? La mission n’est pas l’une des nombreuses tâches de l’Église. Elle est sa raison d’être», a-t-il affirmé. C’est pourquoi elle devient «le critère qui oriente notre discernement». Le Pape a ajouté que lorsque l’Église apprend «à s’écouter», à «assumer ensemble ses responsabilités» et à «reconnaître l’action de l’Esprit dans les différentes Églises», elle devient «plus capable de rencontrer les hommes et les femmes de notre temps et de leur témoigner la joie de l’Évangile».
«J’ai besoin de votre soutien»
Dans la dernière partie de son discours, Léon XIV s’est adressé aux cardinaux avec une grande simplicité, leur demandant de soutenir son ministère pétrinien. «Le ministère que le Seigneur m’a confié ne peut être exercé seul», a-t-il confié. «Il a besoin de votre expérience, de votre sagesse pastorale, de votre connaissance des Églises et des peuples qui vous sont confiés.» Le Saint-Père a formulé une demande explicite: «J’ai besoin de votre soutien: fort, explicite et public. J’ai besoin de me sentir soutenu par vous comme par des frères.» Il les a également invités à faire preuve «de liberté, de franchise et de loyauté», rappelant qu’«un conseil sincère est toujours un acte de communion».
Avant de conclure, le Pape a encouragé les cardinaux à entrer avec confiance dans la méthode de travail en groupes prévue pour ce consistoire. «Nous aussi, nous apprenons la synodalité en la pratiquant, nous apprenons ensemble à grandir dans la communion», a-t-il affirmé. Enfin, il a confié ces journées de discernement au Saint-Esprit, priant pour qu’il rende les participants «dociles à sa voix» et leur accorde «la grâce de rechercher ensemble ce qui sert le mieux l’Évangile et le bien du Peuple de Dieu».


