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L’Église catholique se sent concernée par le fléau du trafic de drogue et des réseaux criminels. À l’initiative du département du CELAM, la PLAPA qui s’occupe de la Pastorale latino-américaine d’accompagnement et de prévention des dépendances, une rencontre internationale s’est tenue au Vatican du 25 au 27 août 2026. À son issue, les participants ont été reçus en audience ce matin par le Pape Léon XIV dans la salle du Consistoire du palais apostolique.

Janvier Yameogo – Cité du Vatican

Le Pape Léon a tout d’abord exprimé son affection fraternelle et ses remerciements au Conseil épiscopal d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAM), à l’Organisation des États américains (OEA), ainsi qu’à la Commission pontificale pour l’Amérique latine et l’Académie pontificale pour la vie pour avoir rendu possible cette rencontre. Rappelant ensuite que la souffrance et l’espérance n’ont pas de frontières, l’évêque de Rome a salué les frères et sœurs venus des centres d’accompagnement, de prévention, de réinsertion et d’intégration pour les jeunes, fondés sur la foi, d’Asie, d’Afrique, d’Europe et d’Amérique. 

Rappelant le thème, «Réponse de la foi à la drogue et au recrutement criminel des jeunes: un dialogue depuis l’Amérique latine et les Caraïbes vers le monde», le Saint-Père a reconnu que «les addictions sont un phénomène complexe qui met en évidence l’échec d’un monde déshumanisé».

«La souffrance des jeunes exige de nous des réponses globales, a poursuivi le Pape. Notre contribution doit être orientée vers la prise en charge, la présence et la reconstruction du tissu communautaire.» Léon XIV indique quatre ponts pour cela, et preésente la famille comme meilleure prévention contre la drogue et les autre dépendances.

Quatre ponts et voies de collaboration

Premier pont cité par le Pape: le lien, l’Église et les organismes internationaux, car personne ne peut faire face, seul au problème de la drogue. Le successeur de Pierre mentionne «la collaboration en cours entre l’Organisation des États américains et le Conseil épiscopal latino-américain et des Caraïbes (CELAM), qui coordonnent des formations destinées aux organisations communautaires confessionnelles, tissent des réseaux d’accompagnement et ont même permis au CELAM de présenter le Manuel de la pastorale latino-américaine d’accompagnement et de prévention des addictions.» Un exemplaire du manuel, accompagné d’un compte rendu de la forte implication des communautés ecclésiales latino-américaines dans sa réalisation a été remis au Pape.

Deuxièmement, le lien entre la science et la foi. L’Eglise ne cherche pas à «rivaliser avec les neurosciences, la psychiatrie ou la santé publique, ni de se substituer à elles; elle cherche plutôt à l’éclairer à la lumière de l’Évangile, à travers une compréhension globale de la personne humaine.»

Troisièmement, les échanges au sein de l’Église entre les communautés des différents continents. Le Pape salue le partage de leurs souffrances respectives, de leurs espoirs et de leur enthousiasme pastoral entre les représentants venus d’Amérique, d’Asie, d’Afrique et d’Europe.

Et quatrièmement, le pont œcuménique, c’est-à-dire l’Église catholique en liens avec les autres églises chrétiennes et communautés ecclésiales. Ensemble, ils trouvent un langage commun très éloquent, ancré dans la foi, pour accompagner et intégrer les jeunes, avec leurs besoins et leurs rêves à travers la mise en pratique d’un amour concret envers ceux qui souffrent.

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La meilleure prévention contre la drogue est une bonne famille

Toutefois, «il n’y a pas de meilleure prévention contre la drogue qu’une bonne famille» a réitéré Léon XIV parlant de l’institution fondamentale dans l’engagement de l’Eglise. La famille, «que le Concile Vatican II a justement appelée «Église domestique» (cf. Lumen gentium, 11), est le lieu où la vie se cultive, où elle est préservée et projetée vers l’avenir».

Le Pape évoque la souffrance de nombreuses familles brisées, «à cause de la toxicomanie, de la violence, du recrutement d’un enfant par des organisations criminelles, de la pauvreté ou du manque d’opportunités qui les poussent en marge de la société. Saint Jean-Paul II nous a demandé de faire de l’Église «la maison et l’école de la communion» (Lettre apostolique Novo millennio ineunte, 43). Et le pape François nous a rappelé que Jésus veut que « nous touchions la misère humaine, que nous touchions la chair souffrante des autres» (Exhortation apostolique Evangelii gaudium, 270).

C’est le cœur même de la mission et c’est pourquoi le Pape a lancé un souhait: «que l’Église soit la famille de toutes les personnes qui se sont retrouvées en marge du chemin». Et ensuite un appel, «à l’instar du Samaritain, qui s’est fait le prochain de l’homme tombé, ne passons pas notre chemin; construisons une Église qui s’arrête, qui s’approche, qui est émue, qui panse les blessures, qui nourrit et qui devient un foyer».

Père Paul DAH