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Par Victoria Cardiel

Cité du Vatican, 08 avril, 2026 / 7:44 (ACI Africa).

CITÉ DU VATICAN — Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, a mis en garde contre le risque que la « logique du plus fort » ne l’emporte sur la scène internationale et a appelé les chrétiens à devenir des « voix de la paix » afin de ne pas laisser le pape Léon XIV seul dans son opposition à la guerre.

Dans une interview accordée à Dialoghi, un magazine culturel lié à l’Action catholique italienne, Mgr Parolin a déclaré que la voix du pape est « prophétique », mais qu’elle risque de devenir « une voix qui crie dans le désert si elle n’est pas soutenue et aidée concrètement ».

Ses propos offrent également une clé pour comprendre la veillée de prière pour la paix que le pape Léon XIV a convoquée le 11 avril dans la basilique Saint-Pierre.

Parolin a rappelé la guerre en Irak de 2003, lorsque saint Jean-Paul II avait plaidé pour que le conflit soit évité mais « avait été laissé seul ». Il a donc souligné la nécessité de soutenir l’appel du pontife actuel en faveur d’une paix « désarmée et désarmante » et de rejeter « la fausse propagande du réarmement ».

« Il faut davantage de voix en faveur de la paix, davantage de voix contre la folie de la course au réarmement, davantage de voix en faveur de nos frères et sœurs les plus pauvres, davantage de voix et de propositions — je pense, par exemple, au monde des universités catholiques — pour de nouveaux modèles économiques inspirés par la justice et le souci des plus faibles, plutôt que par l’idolâtrie de l’argent », a déclaré Mgr Parolin.

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Le cardinal a décrit un climat international alarmant dans lequel l’action militaire semble s’imposer trop facilement.

« Je suis frappé par la détermination — j’allais dire la facilité — avec laquelle l’option militaire est présentée comme décisive, presque inévitable », a-t-il déclaré.

Selon le secrétaire d’État du Vatican, cette tendance a rendu la diplomatie pratiquement « muette », incapable de mettre en œuvre des outils alternatifs, tandis que la prise de conscience de la tragédie de la guerre et de la valeur des règles communes se perd.

M. Parolin a déclaré que la racine du problème réside dans un « multipolarisme inspiré par la primauté de la puissance », dans lequel les États font davantage confiance à la force qu’au droit international. Cela, a-t-il dit, a donné lieu à des « deux poids, deux mesures », visibles dans les réactions divergentes face aux attaques contre des civils en Ukraine et aux destructions à Gaza.

« De nombreux gouvernements », a déclaré Mgr Parolin, « ont exprimé leur indignation face aux attaques contre des civils ukrainiens par des missiles et des drones russes, imposant des sanctions aux agresseurs. »

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« Je ne pense pas qu’il en ait été de même avec la tragédie de la destruction de Gaza », a-t-il ajouté.

Pour le cardinal, il s’agit là d’un cas de « deux poids, deux mesures » lié à la « primauté du pouvoir » — la domination de son propre pays sur les autres —, le droit international n’étant invoqué « que lorsque cela arrange » et ignoré dans de nombreux autres cas.

« Il semble qu’il y ait eu un manque de conscience de la valeur de la paix, de la réalité tragique de la guerre, de l’importance de règles communes et de leur respect », a-t-il déclaré.

Mgr Parolin a également déploré l’affaiblissement de l’architecture diplomatique mondiale et a déclaré qu’il était « utopique » de penser que la paix puisse être garantie « par les armes et par des équilibres imposés par les plus forts plutôt que par des accords internationaux ».

« Nous ne pouvons pas céder à la logique du plus fort », a insisté le cardinal, car cette logique « plie le droit international à ses propres intérêts » et affaiblit les institutions multilatérales.

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Dans ce contexte, il a également regretté que l’Europe n’ait pas été capable de parler d’une seule voix. Il a déclaré qu’il était nécessaire « de raviver chez les peuples le sentiment d’appartenance européenne et, chez les dirigeants, la conscience de la nécessité d’actions communes sans jamais trahir les principes qui sont à la base même de l’Union européenne ».

Concernant les Nations unies, Mgr Parolin a déclaré que le Saint-Siège « continue de croire en leur importance », considérant les organisations internationales comme essentielles pour contenir la logique du plus fort. Dans le même temps, il a reconnu que l’usage du droit de veto a limité la capacité d’action de l’ONU.

« Nous ne pouvons pas passer de la force du droit à la loi de la force », a-t-il averti.

Mgr Parolin a également souligné le rôle que les croyants peuvent jouer, notamment en défendant la vie et la dignité humaine, en protégeant la liberté religieuse, en promouvant des réformes du système économique et financier conformes à la doctrine sociale de l’Église, et en prenant soin de la création.

Enfin, le cardinal a abordé l’impact culturel des nouvelles technologies, affirmant que l’hyperconnectivité et la propagation de fausses informations contribuent à alimenter la peur et à ériger de nouveaux murs.

Père Paul DAH