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Par Abah Anthony John

Jos, 21 mai, 2026 / 6:49 (ACI Africa).

Mgr Matthew Ishaya Audu de l’archidiocèse catholique de Jos, au Nigeria, a exhorté les victimes des attaques du dimanche des Rameaux dans l’État du Plateau à choisir le pardon plutôt que la vengeance.

S’exprimant auprès d’ACI Afrique en marge d’une visite de condoléances aux victimes des violences à Angwan Rukuba, dans Jos North, et à Gassa, dans la zone de gouvernement local de Barkin Ladi, Mgr Audu a déclaré qu’une paix durable ne peut être atteinte qu’à travers l’unité, le dialogue et la confiance en Dieu.

Les attaques, y compris les tueries du dimanche des Rameaux et les violences qui ont suivi à Gassa, ont laissé plusieurs familles déplacées, endeuillées et traumatisées.

« Je sais qu’ils souffrent et sont traumatisés, mais en tant qu’enfants de Dieu et personnes de foi, je veux encourager les victimes de cette violence, aussi bien celles du dimanche des Rameaux que celles des récentes tueries à Gassa, à embrasser le pardon plutôt qu’à chercher la vengeance ; la vengeance appartient à Dieu », a déclaré l’archevêque nigérian lors de l’entretien du mercredi 20 mai.

Il a ajouté : « Dieu, en son temps, nous libérera de tous ces massacres dans notre pays. »

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L’archevêque de Jos a encouragé les communautés touchées à ne pas perdre espoir malgré la douleur et les destructions causées par les attaques.

« Si nous nous considérons comme des enfants de Dieu, la Bible et le Coran nous disent que Dieu a déjà tout accompli », a-t-il affirmé.

Le responsable catholique a poursuivi : « Même si aujourd’hui nous nous battons, si nous nous battons pour la religion et que nous mourons, Dieu va-t-il diviser le ciel pour permettre à certaines personnes d’y entrer ? Ou va-t-il séparer l’enfer entre chrétiens et musulmans ? Ce n’est pas possible. »

Il a souligné que les personnes de différentes religions doivent apprendre à coexister pacifiquement, insistant sur le fait que la religion est censée guider l’humanité vers Dieu et non pousser les gens à s’entretuer.

« La religion doit nous aider à aller vers Dieu, et non à nous tuer les uns les autres. C’est pourquoi je suis venu ici pour leur présenter mes condoléances, les soutenir et faire entendre une voix forte », a déclaré l’ordinaire local de Jos.

Mgr Audu a indiqué avoir été profondément touché par la douleur et la souffrance des communautés affectées, assurant les victimes qu’elles n’étaient pas seules dans leur moment de deuil et d’incertitude.

« Nous sommes venus nous tenir aux côtés de notre peuple en cette période difficile et leur faire savoir qu’ils ne sont pas abandonnés. Même au milieu de cette tragédie, nous voulons qu’ils restent forts et pleins d’espérance, parce que l’Église partage leur douleur et continuera à les soutenir », a déclaré l’archevêque.

Réfléchissant aux violences récurrentes dans l’État du Plateau, l’ordinaire de l’archidiocèse de Jos a déclaré :

« Depuis de nombreuses années, les communautés de l’État du Plateau souffrent de cycles répétés de violence qui ont coûté des vies, déplacé des familles et détruit des biens. C’est pourquoi les responsables religieux et traditionnels doivent continuer à promouvoir le dialogue, la réconciliation, la coexistence pacifique et la coopération entre les communautés comme seule voie durable vers la paix. »

La visite et le message de Mgr Audu ont ainsi été perçus par de nombreux observateurs comme un nouvel appel à la retenue, à la guérison et à la responsabilité collective dans la recherche de la paix dans l’État du Plateau.

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« Nous ne pouvons pas continuer à répondre à la violence par davantage de violence. J’exhorte les victimes et les communautés touchées à embrasser le pardon plutôt que les représailles, car ce n’est qu’à travers la retenue, la guérison et la responsabilité collective que nous pourrons restaurer une paix et une harmonie durables dans l’État du Plateau », a-t-il déclaré.

Mgr Audu a également exprimé son inquiétude concernant le rôle des réseaux sociaux et des influences extérieures dans l’aggravation des tensions dans l’État du Plateau.

« Nous ne voulons pas du problème des réseaux sociaux. Ce sont des personnes qui ne vivent pas ici qui mènent la guerre pour nous. Si vous n’êtes pas à Jos, laissez-nous discuter de notre problème à Jos. Quelqu’un à Abuja incite les autres. Quelqu’un à Kano incite les autres. Quelqu’un à Nasarawa incite les autres », a-t-il déclaré.

L’archevêque catholique a appelé les habitants et les parties prenantes à rejeter les discours incendiaires et à résister à la tentation des représailles, soulignant que la paix ne peut prospérer que là où règnent la sincérité et la compréhension mutuelle.

« Lorsque de telles situations surviennent, nous devons travailler pour la paix, une paix sincère, et non pousser les gens à créer davantage de problèmes », a-t-il affirmé.

Père Paul DAH