CERAO
BENIN : Le « Prix Cardinal Bernardin Gantin », lancé en décembre 2025, est entré en mars dans sa phase finale avec la participation de 317 enfants venus d’Afrique, d’Europe, d’Asie et des États-Unis. À travers des dessins dénonçant la dégradation de l’environnement et suggérant des gestes écoresponsables, ces jeunes de 5 à 18 ans interpellent dirigeants et populations. Inspirée de l’encyclique Laudato si’, l’initiative entend faire des enfants des acteurs de sensibilisation écologique. Quarante œuvres ont été présélectionnées et le jury retiendra, le 15 avril, douze lauréats répartis entre enfants handicapés et non handicapés. La remise des prix est prévue le 12 mai, veille du 18e anniversaire du rappel à Dieu du Cardinal Gantin.
BURKINA FASO
Les prêtres Africains de la Conférence Episcopale Burkina-Niger, ont tenu du 14 au 17 avril 2026 à Kaya, la 33e Assemblée générale de la Fraternité sacerdotale Burkina-Niger (FSBN), placée sous le thème : « Le prêtre, semeur d’espérance, dans un monde en pleine mutation socio-culturelle ».
Cette Assemblée a réuni 302 prêtres venus du Burkina Faso et du Niger pour réfléchir sur la mission du prêtre comme témoin et semeur d’espérance dans un contexte marqué par la violence et les défis sociaux. Les évêques, dont Mgr Gabriel Sayaogo et Mgr Prosper Bonaventure Ky, ont rappelé que le prêtre doit incarner la fraternité, répandre la joie et porter le salut du Christ au cœur des communautés.
Accueillie avec gratitude par Mgr Théophile Naré, évêque de Kaya, cette rencontre est aussi un signe de paix et de cohésion sociale pour la région des Koulsé.
CÔTE D’IVOIRE
Dans la ferveur pascale, le diocèse d’Agboville a célébré l’ordination épiscopale de Mgr Darius Assandé Ekou, conférée par le Nonce Apostolique en Côte d’Ivoire, Mgr Mauricio Rueda Beltz. Dans son homélie, le Nonce a rappelé que le ministère de l’évêque est avant tout service et annonce de la Parole de Dieu.
Son prédécesseur, Mgr Alexis Touabli Youlo, a salué une Église « vivante et riche de sa diversité », composée des Abbey, Akye, Agni, Baoulé et Krobou, avant de transmettre un proverbe Agni en signe de confiance. La devise du nouvel évêque, « IUSTITIA DUCE, CARITATE COMITE » (Avec la justice pour guide et la charité pour compagne), exprime la dynamique pastorale qu’il entend imprimer.
Nommé le 27 février 2026 par le pape Léon XIV, Mgr Ekou devient le deuxième évêque d’Agboville. Né en 1968 à Bongouanou, ordonné prêtre en 1996, docteur en sciences sociales, il était recteur du Sanctuaire diocésain Sainte Famille de Nazareth et directeur du Centre diocésain Saint Kizito d’Abengourou.
GHANA
Mgr Simon Kofi Appiah a été consacré évêque et installé à la tête du diocèse de Jasikan, le 11 avril 2026, lors d’une célébration eucharistique à la cathédrale Saint-Pierre Claver. Dans son homélie, le consécrateur principal, Mathew Kwafi Gyamfi, a invité le nouvel évêque à vivre une charité sans distinction. « Aimez non seulement ceux qui vous aiment, mais exprimez aussi votre amour envers vos ennemis, ceux qui vous haïssent et vous persécutent », a-t-il déclaré, soulignant l’exigence évangélique du ministère pastoral.
Le président de la conférence épiscopale du Ghana a également insisté sur la centralité du Christ dans la mission épiscopale. « Priez afin que, par votre ministère d’évêque, vous indiquiez toujours le chemin non pas vers vous-même, mais vers Jésus-Christ », a-t-il exhorté.
Face aux défis pastoraux, le nouveau prélat est appelé à faire preuve de miséricorde et de patience. « Ne vous lassez jamais d’être miséricordieux », a poursuivi Mgr Gyamfi, rappelant que la mission de l’évêque repose sur le pardon et la proximité avec les fidèles.
S’adressant à la communauté diocésaine, il a également appelé à un soutien actif envers leur nouveau pasteur. « Aimez votre évêque, car il a été ordonné pour vous aimer », a-t-il lancé, invitant à l’unité et à la collaboration.
Nommé le 23 décembre 2025 par Pape Léon XIV, Mgr Appiah devient le deuxième évêque du diocèse de Jasikan, situé dans la région d’Oti.
Né en 1964, il a été ordonné prêtre en 1990 avant d’exercer diverses responsabilités pastorales et académiques, notamment comme enseignant à l’Université de Cape Coast.
Le diocèse qu’il est appelé à conduire compte plus de 58 000 catholiques répartis dans 19 paroisses, desservies par 43 prêtres.
TOGO
Le Saint-Siège a annoncé, le jeudi 10 avril 2026, la nomination de Mgr Isaac Jogues Kodjo Agbéménya Gaglo comme archevêque de Lomé (Togo) et de Mgr Lawrence Ofentse Pheto à la tête du diocèse de Francistown (Botswana). Mgr Agbéménya Gaglo, jusqu’ici administrateur apostolique de Lomé et ancien évêque d’Aného, devient le 11ᵉ ordinaire du siège métropolitain, vacant depuis le décès de Mgr Nicodème Barrigah-Benissan en août 2024. Ces nominations marquent une étape importante pour l’Église au Togo et au Botswana, renforçant la continuité pastorale et missionnaire dans les deux diocèses.
CITE DU VATICAN
Les Papes et les guerres à l’époque contemporaine
Face à la puissance destructrice des armes modernes, il est très difficile de parler, comme on le faisait au cours des siècles passés, de la possibilité d’une «guerre juste». Dès 1963, Jean XXIII écrivait dans Pacem in terris qu’à l’ère atomique, il est presque impossible de penser que la guerre puisse être considérée comme un instrument de justice. C’est dans cette lignée que s’inscrit Léon XIV, qui fait de la paix l’un des thèmes centraux de son pontificat.
Andrea Tornielli *
Alors que l’on recommence à parler de «guerre juste», il convient de rappeler l’enseignement de paix des Souverains pontifes qui se sont succédés sur le siège de Pierre au cours des cent dernières années. Cet enseignement s’est progressivement enrichi et approfondi, jusqu’à que soit considéré comme de plus en plus difficile la possibilité qu’il existe une «guerre juste». Les réflexions sur la théologie des siècles passés et sur les justifications possibles de la guerre ne tiennent pas compte du fait que, lorsque les théologiens d’autrefois écrivaient sur ces thèmes, les guerres se menaient à coups d’épées et de bâtons, et non avec des engins meurtriers et des drones pilotés par des machines, un fait qui soulève des questions morales d’une intensité dramatique. En effet, la prise de conscience que la guerre n’est pas une voie à suivre s’est de plus en plus affirmée.
De la lettre de Benoît XV aux belligérants en 1917, qui qualifie la Première Guerre mondiale de «massacre inutile», aux tentatives de Pie XII pour éviter le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale; des paroles de Jean XXIII dans Pacem in terris, qui écrivait déjà en 1963 qu’«il est presque impossible de penser que, à l’ère atomique, la guerre puisse être utilisée comme instrument de justice», au cri de Paul VI à l’ONU «plus jamais la guerre», jusqu’aux tentatives restées sans écho de Jean-Paul II pour éviter les conflits désastreux au Moyen-Orient, les successeurs de Pierre n’ont pas manqué de faire entendre leur voix empreinte de prophétie et de réalisme, en étant le plus souvent ignorés, hélas.
Le texte de référence est avant tout le Catéchisme de l’Église catholique, qui reconnaît le droit à la légitime défense mais impose également des «conditions strictes» à la guerre défensive. «Il faut simultanément: que le préjudice causé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain; que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces; qu’il y ait des chances fondées de succès; que le recours aux armes ne provoque pas des maux et des troubles plus graves que le mal à éliminer». Dans l’évaluation de cette condition, la puissance des moyens modernes de destruction a un poids considérable. Qui peut nier que l’humanité se trouve aujourd’hui au bord du gouffre précisément à cause de l’escalade du conflit et de la puissance des «moyens modernes de destruction»?
Le «non» à la guerre a été réitéré avec une force croissante, notamment sous le pontificat du Pape François qui, dans l’encyclique Fratelli tutti, a écrit: «On opte facilement pour la guerre en avançant toutes sortes d’excuses apparemment humanitaires, défensives ou préventives, en recourant même à la manipulation de l’information. En effet, au cours des dernières décennies, toutes les guerres ont prétendu avoir une ‘justification’ (…) Le problème est que, depuis le développement des armes nucléaires, chimiques et biologiques, et les possibilités énormes et croissantes offertes par les nouvelles technologies, on a donné à la guerre un pouvoir destructeur incontrôlable, qui touche de nombreux civils innocents. En vérité, ‘jamais l’humanité n’a eu autant de pouvoir sur elle-même et rien ne garantit qu’elle en fera bon usage’. Nous ne pouvons donc plus envisager la guerre comme une solution, car les risques seront probablement toujours supérieurs à l’utilité hypothétique qu’on lui attribue. Face à cette réalité, il est aujourd’hui très difficile de défendre les critères rationnels élaborés au cours des siècles passés pour parler d’une éventuelle «guerre juste». «Plus jamais la guerre!».
Son successeur, Léon XIV, a fait de la paix l’un des thèmes centraux de son pontificat. Face à la folie de l’escalade guerrière et aux dépenses démesurées consacrées au réarmement, il suit avec autant de réalisme que de clairvoyance la voie déjà ouverte par ses prédécesseurs en appelant à la paix, au dialogue et à la négociation. Les massacres de civils perpétrés ces dernières années ébranlent la conscience de milliards de personnes à travers le monde, qui se tournent vers l’évêque de Rome. Le Pape Léon, comme Jésus l’a fait à Gethsémani, invite avec force à remettre l’épée dans son fourreau. «Partout, on perçoit des menaces au lieu d’appels à l’écoute et à la rencontre», a-t-il déclaré lors de la veillée de prière du samedi 11 avril. Expliquant que celui qui prie a conscience de ses limites, il ne tue pas et ne menace pas de mort. Au contraire, celui qui a tourné le dos au Dieu vivant est asservi à la mort, pour faire de lui-même et de son propre pouvoir une idole muette, aveugle et sourde, à laquelle sacrifier toute valeur et exiger que le monde entier s’agenouille. «Finissons-en avec l’idolâtrie de soi et de l’argent! Finissons-en avec l’étalage de force! Finissons-en avec la guerre! La véritable force se manifeste dans le service de la vie.»
* Directeur éditorial des médias du Saint-Siège
AFRIQUE
Le Pape n’est pas en Afrique «pour débattre avec Trump»
En route vers Luanda, troisième étape de son voyage apostolique, le Pape Léon XIV a dressé un bilan positif de son séjour au Cameroun, qu’il a qualifié de « cœur de l’Afrique » en raison de sa diversité linguistique et culturelle. À bord de l’avion, il a salué les journalistes, remercié le peuple camerounais pour son accueil chaleureux et clarifié que ses discours avaient été préparés bien avant les récentes polémiques politiques, invitant à ne pas les interpréter comme des réponses.
Le Saint-Père a réaffirmé venir en Afrique avant tout comme pasteur, pour encourager les fidèles et promouvoir la fraternité, le dialogue interreligieux et la paix. Il a également insisté sur la nécessité de proclamer l’Évangile et de travailler à une répartition plus juste des richesses. Avant de conclure, il a exprimé sa gratitude pour l’enthousiasme des Camerounais et salué les journalistes présents : « See you in Angola ».
ANGOLA
Le Saint-Père a élargi sa réflexion au continent africain, qu’il a présenté comme une source de renouveau pour le monde.
« Pour le monde entier, l’Afrique est un réservoir de joie et d’espérance », a déclaré le membre américain de l’Ordre de Saint-Augustin (OSA), qui a dirigé l’Ordre de 2001 à 2013.
Il a qualifié la joie et l’espérance de « vertus politiques », car elles dynamisent les sociétés et façonnent l’avenir collectif.
Le Pape Léon XIV a également souligné que les jeunes et les pauvres aspirent à la transformation de leurs conditions de vie : « Ils ne se contentent pas de ce qui existe déjà ; ils cherchent à s’élever, à se préparer à de grandes responsabilités et à participer activement à leur avenir », a-t-il affirmé.
Selon lui, cette aspiration reflète un désir humain profond que rien ne peut étouffer. « La sagesse d’un peuple ne peut être réduite au silence par aucune idéologie », a-t-il ajouté.
Mise en garde contre un développement extractif
Évoquant les richesses naturelles de l’Angola, le Saint-Père a mis en garde contre des modèles économiques fondés sur l’exploitation.
« Combien de souffrances, combien de morts, combien de désastres sociaux et environnementaux sont engendrés par cette logique extractive ! », a-t-il dénoncé.
Il a rappelé, citant le pape Paul VI, que les sociétés doivent résister à une civilisation dominée uniquement par la consommation.
Le dialogue comme voie de paix
CAMEROUN
Au terme de sa visite apostolique de quatre jours au Cameroun, le Pape Léon XIV a appelé, lors de la messe célébrée le 18 avril à Yaoundé, à un engagement communautaire fondé sur l’Évangile pour transformer les institutions locales en instruments du bien commun face aux défis de la pauvreté et de l’injustice.
S’appuyant sur l’Évangile de saint Jean, il a exhorté les fidèles à « ne pas avoir peur » et à bâtir des structures de solidarité où personne ne soit laissé seul face aux crises. Le Saint-Père a salué la vitalité de l’Église camerounaise, « vivante, jeune et riche de diversité », avant de poursuivre son voyage apostolique en Angola.
MONDE


